ADRIEN
Apr 30, 2026 12:50
· 37:01
· French
· Whisper Turbo
· 3 speakers
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Kuratidza chete
0:01
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Voilà, c'est bon. Une compétence émotionnelle, ça va, enfin pour moi, ça va être quelque chose qui va être en toi, mais que tu peux aussi apprendre. Donc, comme le terme compétence, c'est quelque chose que tu vas pouvoir travailler, travailler au niveau de tes émotions, tes ressentis, vis-à-vis de ton patient.
0:31
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
et apprendre aussi une compétence ça s'apprend et comme on va dire c'est plus émotionnel plus du psychisme ça va vraiment être comment expliquer apprendre à pouvoir comprendre le ressenti de l'autre et pouvoir se mettre à la place du patient pour que toi ensuite en tant que soignant tu peux
0:57
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
ajuster ta prise en charge et la manière de parler à ton patient ou la manière de lui faire ressortir les choses. Du coup, à chaque fois, il y a deux questions par thème. La deuxième question où tu as plus décrit une situation dans laquelle tes compétences émotionnelles, elles ont influencé la prise en charge. Si tu n'as pas de situation, tu peux dire juste en général. C'était la semaine dernière.
1:40
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
C'était un patient qui passait en Réa, qui méritait des soins de Réa, mais qui s'était plutôt amélioré après, donc c'était plutôt sur une phase de réhabilitation. On attendait juste d'avoir une place pour pouvoir le muter. Sauf que sur le passage en Réa, le monsieur n'a pas du tout tout supporté. Il a commencé à faire un petit syndrome un peu anxieux, dépressif.
2:09
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
et en fait c'est un patient qu'on devait pas mal pas mal mobiliser surtout en réa on essaye de mobiliser le plus possible dès qu'on peut et lui en fait il se laissait complètement aller il sonnait régulièrement donc quand t'as un service déjà lourd de base tu rajoutes ça c'est un patient qui peut vite te gonfler vraiment tu peux vraiment vite
2:36
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
bouillonner ou péter des câbles en toit mais faut pas enfin vraiment pas que tout le monde t'en patient parce que déjà tu dois rester professionnel et se mettre un peu à la place à sa place parce que c'est un monsieur qui avait gravement gravement qui s'était gravement dégradé qui avait qui nécessitait des soins pratiques quoi
2:58
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Et quand on rentre en chambre, il fallait tout lui faire. Il était très directif, fallait faire ci, fallait faire ça, fallait faire comme ci, fallait faire comme ça. Il ne voulait pas se lever. Donc au bout d'un moment, quand il te sonne 3-4 fois en moins d'une heure pour des trucs qu'il peut faire lui-même, ça te saoule concrètement.
3:22
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
En plus de ça, quand on le mobilise, il ne veut pas t'aider. Vraiment, c'était compliqué de mobiliser. On le levait, il ne voulait pas, il ne nous aidait pas du tout. Surtout qu'il était grand, il était un peu costaud, donc on se cassait un peu le dos. On faisait comme on peut. Du coup, c'est un... Je passe une matinée avec lui, je peux te dire que tu en es un peu marre. Surtout que tu as d'autres patients à côté qui nécessitent aussi des soins critiques.
3:51
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Sauf que quand tu es dans la chambre, tu dois prendre sur toi, tu dois essayer de te mettre à sa place, tu dois essayer de comprendre ce qu'il ressent, pourquoi il agit comme ça, parce que son comportement est forcément induit par sa propre réflexion ou son propre ressenti. C'est quoi la question exactement ? C'est en quoi les compétences émotionnelles dans ce type de situation vont permettre de...
4:25
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
de mieux le prendre, prendre en charge, du coup réguler les émotions. Et en fait, si tu te laisses aller par la marre, tu peux vite un peu négliger ce patient, ne pas forcément répondre rapidement, sonnette, soit tu ne vas pas du tout le lever, parce que le lever ça prend du temps, soit tu vas le laisser longtemps au fauteuil, ce qui n'est pas forcément le mieux parce que le patient souffre et il a mal.
4:54
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
ou il est fatigué, sachant qu'il était un peu aussi dépressif.
5:00
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Il pèse lourd et quand tu arrives à te poser, à souffler un grand coup en chambre, ou même essayer de parler avec lui, de discuter, pourquoi tu fais ça, et avoir une approche empathique, quoi, se mettre à sa place, tu te régules toi-même ton, je sais pas comment le dire, mais en gros quand t'en as marre, tu te régules toi-même ce sentiment de, à la fois de frustration, à la fois de ras-le-bol, et ben...
5:29
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
J'estime qu'à la fin de la journée, j'ai pu mettre en place beaucoup de choses avec ce patient, juste parce que j'ai pu réguler mes émotions et mettre en place certaines compétences émotionnelles pour pouvoir le mobiliser, pour qu'il puisse s'améliorer sur sa phase de réhabilitation. Par rapport aux émotions, est-ce que tu arrives à identifier tes émotions, celles du patient ou celles du collègue ? Ça peut être les trois. Est-ce que tu peux donner un exemple ?
6:14
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Alors, je vais commencer par ceux des patients. Souvent, souvent, j'arrive quand même à les identifier. Surtout quand tu essaies de connaître un peu son histoire de vie, les mots qu'il y a dans le dossier, les transmissions de tes collègues. Au bout d'un moment, il faut que tu les connais par cœur tes patients. Donc, j'arrive plutôt bien à comprendre.
6:46
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
comprendre c'est un bien grand mot mais surtout à savoir dans quel état d'esprit et quelles émotions le patient va ressentir en s'intéressant juste à son histoire de vie et à pourquoi il est là ensuite concernant les collègues c'est un peu plus compliqué parce qu'on est tous différents ils sont tous différents on travaille tous d'une manière différente même si on suit tous les protocoles
7:25
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
On sent tous des choses différentes. Souvent, ça va avec les émotions des collègues. C'est surtout à force d'être avec eux. Parce qu'en réanimation, on est tout le temps sur la même équipe d'infirmières. Donc au bout d'un moment, tu sais, ta collègue est comme ça, lui il est comme ça.
7:51
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Lui il va surtout, je te donne des exemples, mais lui par exemple tu peux rigoler facilement en train en contact facilement avec ce collègue, elle c'est un peu plus compliqué, ou elle elle est plus, elle va être plus aigrie de sa journée, ou plus en avoir ras le bol rapidement, et l'autre il va pouvoir peut-être un peu plus se prendre de son temps. Quand t'apprends à les connaître, t'arrives facilement à identifier leurs émotions en vrai, et toi à t'ajuster ou pas en vrai, parce que t'as le droit de pas t'ajuster par rapport à tes collègues tant que ton taffier l'effet.
8:25
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Et concernant moi-même, c'est un peu plus compliqué. Parce que comme je t'ai dit, des fois t'as des patients, ils sont vraiment lourds. En dehors de leur prise en charge, leur présentation cognitive ou émotionnelle, des fois t'en as... En fait ils te déchargent sur toi. Donc ça te fait un truc en plus à porter. Plus ils sont pas forcément... Enfin moi je sais que quand ils sont pas compliants en soin, ça me gonfle.
9:00
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Rapidement. Comme l'exemple que je t'ai donné précédemment de ce monsieur, des fois ils sont pas compliqués au soin. En fait, des fois ça me gonfle donc j'essaye de me réguler. Des fois j'ai un ras le bol et j'ai même plus envie d'entrer dans la chambre donc je fais vraiment le strict minimum pour être le moins possible à la chambre. Et je m'en suis rendu compte et c'est pas forcément la meilleure manière de réagir mais c'est ce que je fais.
9:29
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
C'est surtout quand toi tu as envie de mettre des choses en place, ton patient n'est pas du tout compliant au soin. Là, je parle vraiment quand le patient est orienté dans l'espace, dans le temps, il est Glasgow 15, il est autonome, il peut faire les choses par lui-même. En dehors de ces situations, non, il faut prendre ça. C'est ce que j'avais plutôt à faire. Mais quand ce patient est Glasgow 15, orienté, autonome, ils ne sont pas du tout compliant.
10:00
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
j'ai envie de moins possible de discuter avec eux dans leur chambre. Ce qui n'est pas forcément la même chose à faire, mais on aura le bonheur. En fait, c'est surtout que toi, tu as envie de prendre du temps avec ses patients, qu'eux, ils n'en ont rien à faire de ce que tu leur dis. En fait, toi, derrière, tu as d'autres patients. Donc le temps que tu perds avec certains, ils seraient mieux mis à profit avec eux. Absolument. En fait, là, tu as commencé à répondre à une question que j'allais poser. En gros, là, en général, tu arrives à identifier...
10:41
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
Tes émotions, celles des autres, en gros, dans ce que tu as dit. Grosso modo, oui. Plus celles des autres que les miennes. Et du coup, ma question d'après, c'était... Est-ce que les émotions ressenties influencent la prise en charge ? Enfin, tes décisions, tes comportements dans le service. Du coup, il y a le fait de, ce que tu disais, en faire moins parce que du coup, le temps perdu, tu peux le mettre à profit autrement. Le fait de...
11:16
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
Tu avais dit aussi, juste avant, la frustration de l'oralbole, tu arrives à le réguler ? La plupart du temps, mais des fois, tu as juste envie de dire ok, lui il ne veut pas, ok. Et du coup, dans tes décisions, tu as d'autres trucs à ajouter ? Dans le fait que l'émotion ça influence ? Ou même dans ton comportement avec tes collègues ? Rien de plus ? Non, rien de plus.
11:50
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
Parce que là, c'était déjà... Ouais, voilà. Je pense que t'as pas mal dit. Pour l'empathie, là, il me reste six questions, ça va. Empathie, qu'est-ce que l'empathie en soins critiques, selon toi ? En soins critiques ou pas, je pense que c'est un peu toujours la même chose. C'est essayer de comprendre mieux ce que l'autre ressent et se mettre à sa place, tout simplement. Enfin, tout simplement. La définition de...
12:31
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
Et du coup, là, une question que tu peux plus développer, c'est est-ce que tu as une situation, enfin peut-être, une situation où tu peux dire en général aussi, où l'empathie, elle a pu avoir un impact sur le patient, ton empathie, particulièrement. C'est chiant, mais c'est... Tu peux te donner une situation où la non où je n'ai pas fait preuve d'empathie... Et que ça a eu un impact négatif. Ouais, parce que je crois que j'allais taper le patient. Enfin, lui, il voulait me taper, en tout cas. Mais après, une situation...
13:10
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
En vrai, le manque d'empathie, ça peut... Le manque d'empathie, ouais, je peux. Je dois en avoir, c'est sûr, mais je n'arrive pas... Ça marche, le manque d'empathie, parce que c'est de l'empathie, enfin, c'est le fait de manquer l'empathie, donc... Comme tu veux. Je dois avoir des situations, mais... Ouais, c'est dur à retrouver. C'est pour ça, en général, si tu arrives à dire en général, mais sinon, tu peux me parler du manque d'empathie. C'est d'accord la question exacte ?
13:39
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
Est-ce que tu peux donner une situation dans laquelle l'empathie, enfin j'ai tant d'empathie, mais l'empathie elle peut avoir un impact sur le patient, dans la prise en charge ? Oui je peux. Une situation, je te la développe ou pas parce que ça ? Ouais rapidement enfin oui. En gros c'était une patiente qui avait beaucoup d'antécédents, énormément d'antécédents, mais qui venait sur un...
14:13
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
une détresse respiratoire et qui était très hypercaplique et en fait cette patiente là elle était genre j'en avais juste rien à faire genre toi tu étais dans la chambre avec elle elle rigolait avec toi mais elle n'en avait rien à faire genre elle se laissait complètement aller mais elle était enfin elle était très chiante mais pas chiante en mode reversible envers ça non juste elle voulait juste rigoler avec toi tu vois et en fait on l'a prise surtout pour lui faire baisser sa cape nu
14:48
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
beaucoup de VMI sauf qu'elle tenait pas du tout la VMI elle faisait plus enlever le masque donc il y avait une part où elle fait ça parce qu'elle est juste comme ça
15:00
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
et une autre part parce qu'elle était comme vachement hyper capnique et tu sais des fois sur une capnée levé tu peux décartonner quoi c'était entre les deux et en fait quand tu apprends quand tu regardes un peu l'histoire de vie de la patiente qui était assez lourd qui s'était complètement abandonné par sa famille en fait tu te dis que
15:30
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Non elle est chiante parce que c'était sur une nuit, il fallait toutes les 5 minutes dans sa chambre. Mais quand je te dis toutes les 5 minutes, c'est vraiment toutes les 5 minutes. Pour lui remettre la masse de VNI. Parce que tu sais que si tu ne le mets pas la masse de VNI, elle va continuer à se dégrader. Elle va sûrement pas, les médecins n'étaient pas du tout chauds pour l'entuber. Donc c'était soit VNI, soit elle claque. Et en fait quand tu te mets à sa place, tu apprends à la connaître un peu... Enfin moi je rigolais avec elle parce que c'était le seul moyen de...
16:02
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
nouer contact avec elle et à ce moment là être empathique en apprenant sa situation ça te permet de prendre sur toi et de continuer la prise en charge de la meilleure des manières et finalement la patiente est sortie de l'animation donc je ne sais pas comment on est devenu mais on a un peu réussi à améliorer sa technie et c'est surtout que quand je voyais d'autres collègues faire avec elle
16:34
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Ce n'était pas du tout dans la douceur comme j'ai pu un peu l'être. Il n'avait complètement rien à faire. Tu veux utiliser le manque d'empathie ? Rapidement, ça peut être intéressant. En gros, c'était un patient. Lui, il est rentré sur des crises d'épilepsie. Il était assez jeune. Il avait entre 30 et 35 ans. Il faisait ses crises d'épilepsie. En fait, il était en rupture de traitement parce qu'il en avait marre.
17:15
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
On l'a appris, c'était pas un patient de réanimation, c'était un patient du essai. Et on l'a appris pour rééquilibrer un peu ses traitements et le soigner. Et sur la nuit, il nous a fait... Quand il arrive très très bien, ça se passe bien. On arrive bien à rentrer en contact avec lui, il est bien orienté. Sur la nuit, il refait une petite crise. Et en fait, lui, sur ces crises, il crisait pendant 5-7 minutes.
17:46
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
On lui a fait des médicaments pour minorer la crise et en fait il mettait peut-être une heure, une heure et demie à reprendre de sa crise. Et en fait on se rend compte que sur sa crise il avait une perte d'urine classique. Et du coup le temps, enfin on voulait pas le changer tout de suite avec mon collègue, enfin on va pas le laisser dans les urines. On voulait attendre un peu qu'il revienne à lui-même, qu'il redevienne un peu orienté, qu'il s'améliore au niveau neuro. Du coup on attend, on attend.
18:18
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Et quand on estimait que c'était ok, on va pouvoir le changer. Et en fait, il s'en foutait du soin, il était complètement en rupture de traitement. Je me suis aperçu qu'un des cachets que je lui avais donné, à son entrée, il ne l'avait pas pris. Sachant qu'il était entré à 20h, c'était peut-être 3-4h du matin. Donc, chiant, parce que c'est un patient qui est complètement autonome.
18:45
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Et en fait, il s'était tellement uriné dessus qu'on lui fait une douche, une doulette au lit. Et il ne nous aidait pas du tout. Pas du tout, pas du tout, pas du tout. Moi et mon collègue, on commence un peu à chauffer. Il est vraiment directif envers lui, mais sans être méchant. Juste faites-ci, faites-ça, tournez-vous comme ci, tournez-vous comme ça. En fait, il pète les plombs. Mais il pète les plombs. Donc il y a une part où il reprend un peu de sa crise.
19:16
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
C'est ce que j'essaye de me dire, mais en fait, c'est un patient, il était bien aucun orienté. En fait, il pète juste les plombs parce qu'il n'avait pas l'habitude qu'on le dirige, entre guillemets. Il commence à vouloir se lever, tout arracher, et il m'en fout de lui. Enfin, il voulait me taper, quoi. Et j'en avais tellement ras-le-bol de ce comportement que, en fait, j'étais frontal avec lui. J'aurais peut-être sûrement dû m'effacer pour ma sécurité, mais j'ai été frontal avec lui, je veux dire, mais...
19:44
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
arracher tout moi je m'en fous juste je vous soignerai pas quoi si vous voulez pas vous voulez arracher vos cathéter vous voulez vous levez vous allez vous allez pas vous levez faites le je vais pas vous en empêcher mais si vous voulez me frapper allez-y allez-y mais moi
20:00
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Je ne vais plus vous soigner, je ne vais plus rentrer dans votre chambre. Et c'était tellement un ras-le-bol de ma part d'avoir un passeport tellement agressif au risque de moi que... Enfin, après, on a laissé... J'ai complètement eu un manque d'empathie. On l'a juste laissé... Et le pire, c'est que je ne regrette pas forcément. Compliqué, à vrai dire. En fait, bon, je te le dirai après. Du coup, il me reste quatre questions. Là, c'est deux questions sur le stress.
20:50
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Quelles sont les principales sources de stress au sein du service ? Et quels ont été les impacts de ce stress dans la prise en charge ? Sources de stress, sources de stress... Que tu perçois toi. En vrai, en fait, il y en a de tous les côtés. Tu ne sais jamais après, enfin le matin, tu te lèves, tu ne sais jamais à quoi tu vas t'attendre. A quelle façon tu vas avoir, comment ta journée va se passer.
21:34
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Deuxièmement, moi c'est en fonction aussi des médecins, en fonction de quel médecin s'occupe du patient, il y en a une angoisse parce qu'ils veulent tout, enfin ils te disent rien, la prise en charge, par exemple ils vont vouloir aller au scanner, ils vont pas te le dire, c'est le scanner qui va t'appeler, un peu relou, ou ils vont faire des trucs, ils vont pas te le dire, et d'un coup ils vont dire ah mais ça c'est pas fait, je te l'avais prescrit,
22:04
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
ok tu m'as prescrit mais c'est une petite source de stress de devoir tout le temps toutes les 5 minutes de vérifier ses prescriptions alors que tu étais dans la chambre et j'étais dans la chambre en même temps que toi donc en fonction avec les médecins quand aussi ils veulent faire plein de choses en même temps à deux patients différents parce qu'il faut savoir que là maintenant on est plus sectorisés
22:32
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Avant on essaie de rester plus maintenant, on essaie de changer de coordination. Du coup tu peux avoir 2 à 3 mètres indifférents en fonction du patient que tu as. Souvent non, mais quand ça arrive, il suffit que tu fasses 2-3 trucs à 2 patients différents. Un peu le stress de prioriser le soin. Sachant qu'il y a des docs très clairement.
23:02
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Ouais t'es juste un exécutant donc si tu fais pas le truc quand il veut, tu vas avoir une remarque, c'est chiant. Et la troisième source, enfin la troisième, quatrième source, ça va être le téléphone rouge. C'est tout ce qui va être urgence vitale, intérêt hospitalier, c'est par exemple s'il y a un arrêt, surtout s'il y a un arrêt dans les étages, enfin dans tout l'hôpital. Les gens ils appellent chez nous et tu verras que tout le monde court. En fait quand ça, ça se passe, c'est peu importe ce que tu fais, tu arrêtes ta tâche et tu cours.
23:34
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Et quand tu sais que t'as toujours ce petit truc qui peut sonner, t'es tout le temps à l'affût. Donc t'es tout le temps stressé. Je me rappelle que j'avais fait un mois ici en vacations. Ça m'avait stressé alors que j'étais en détruisant. Ouais, bah voilà. En plus, si t'étais en vacations, tu n'aurais même pas monté. J'avais accompagné une fois. Au revoir. Et c'était trop tard. Après, il y a des rouges de merde. Là, c'était fini de toi.
24:17
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
C'est quand il sonne. En fait, on connaît tous la sonnerie, mais on va tous gripper. Genre là, il y a ces gros stress d'un coup, mais pour que ce soit moi, jeune diplômé ou un enfermé qui a 10 ans de bouteille. C'est intéressant. Et même tout à l'heure, par exemple, il y a eu une simulation rouge pour les nouveaux dérivants. On savait précisément quand il allait sonner. On a quand même un petit fait sur moi. Est-ce que c'est un vrai ? Est-ce qu'on y va ? Alors qu'on savait qu'il allait être un faux.
24:58
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
Et du coup...
25:00
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Est-ce que ça influence ta prise en charge, le stress ? Oui. Parce qu'en gros, il faut que dans tes chambres, tout soit carré le plus rapidement possible. Que tu t'avances le plus. Dès que tu peux faire un truc, il faut que tu le fasses tout de suite. Tu as une tâche. Il faut que tu essaies de la face tout de suite, surtout sur tes gros patients de Réa, où tu as plein de pouces. Essaye de t'avancer le maximum, maximum sur tes pousserins. Essaye de mettre le maximum, maximum de ton patient en sécurité.
25:27
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Dès que t'as une tâche, tu peux la faire pour pas perdre de temps. Parce que tu sais que derrière, s'il y a une merde, tu vas être en retard sur tout. Ou tu peux pas avoir une intro qui monte de tâche. Et c'est chiant parce que après, quand tu te remets dedans...
25:43
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
C'est des fois, tu ne sais plus autant. En fait, pour toi, le stress, ça te perturbe, c'est comme une interruption, du coup. Parce que là, tu parles en termes de... Souvent, là, je te dis, le stress en général, la majorité du sens, c'est du bon stress. Moi, c'est du stress qui va dire, en fait, il faut que je me bouge. Parce que ce n'est pas tout le temps de mauvais stress. En dehors du rouge, souvent le rouge, c'est pas bien. Mais dans tes patients, ou à part si c'est un genre...
26:14
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Passons de merde, merde, merde. Souvent, c'est du bon stress. Enfin, c'est du stress qui va te faire te bouger, qui va le faire que tu vas faire le truc... Dès que tu as une minute, tu vas le faire. Moi, je sais que le matin, par exemple, j'essaie de m'avancer le plus, plus, plus possible sur ma journée. Comme ça, si je sais que si je n'ai un temps de tâche ou il y a quoi que ce soit, je sais que je suis un peu large. Et en même temps, le fait de t'avancer, ça te fait moins stresser, du coup ? Parce que tu sais que tu es... Pas forcément, parce qu'il y a des choses qui peuvent se rajouter.
26:44
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Donc en fait, tu peux faire un truc, mais si tu as un autre truc qui se rajoute, tu es dans la boucle. Moi, par contre, ce que je fais pour me déstresser, c'est que dès que c'est moi qui travaille comme ça, dès que je sais que j'ai deux tâches à faire, alors deux tâches, ça paraît, enfin, c'est vrai, tu peux facilement les retenir. J'ai une checklist, on va dire, une petite liste de tâches. Dès que j'ai deux tâches à faire, ou plus, je me les note, je me les note direct, enfin, avec des mots-clés, comme une checklist.
27:14
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Et en fait, à chaque fois que je le fais, je suis en train de faire une tâche, je vais avoir une intervention de tâche. Donc, soit une intervention de tâche, donc tu vas aller faire autre chose pendant que tu es en train de faire ta première tâche, ou il va avoir des trucs qui se rajoutent. Et donc à la fin de ta journée, tu as 5-6 trucs qui se sont rajoutés alors que tu es en train de faire un truc à la base. Et ça, ça me permet de moins stresser, parce que dès que j'ai un doute, ou qu'il me reste, je ne sais plus forcément quoi faire, ou même quelles tâches il me reste à faire, je reprends ma checklist. Et je le fais à quoi je ne comprends pas.
27:50
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
Et juste pour revenir, quand tu disais que tu avais un manque d'empathie et que tu étais moins patient avec certains patients, du coup ça, ça te fait stresser quand même ? Ce genre d'événement qui se produit, non ? Non, ça me frustre, c'est vraiment de la frustration. Parce que ça ne te fait pas de la charge mentale ? Pas du tout, parce que...
28:18
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
À partir de ce moment-là, c'est le patient qui n'est pas compliant ou qui refuse le soin. À partir de ce moment-là, j'estime que tu es orienté, tu peux prendre tes signes tout seul. Ça ne va pas du tout être de la charge. Tu ne veux pas, ok. Je ne vais pas forcément me battre avec toi. Et du coup, l'autre question, c'était... Tu as commencé à répondre là. Qu'est-ce que tu mets en place pour réguler ton stress, que ce soit en vie pro ou personne ?
28:53
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Donc là t'as dit Vipro, le fait de faire un check-out, c'est très intéressant. Ouais, après Vipro, là aussi. Échanger avec tes collègues. Parce qu'en fait, des fois, tu te rends compte que ton collègue, il va vivre la même chose que toi. Donc, soit il va vivre la même chose que toi, soit il a déjà vécu ce que t'es en train de vivre. Et en fait, il va juste t'aiguiller, t'expliquer comment lui, il a fait pour passer le cap, quoi. Et ouais, donc, tu n'as pas hésité quand on est trop surchargé et qu'on...
29:21
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
En fait ça tourne. Quand moi je vais être trop surchargé, je sais que j'ai des collègues qui vont être moi et qui vont naturellement proposer leur aide. Moi dès que j'ai des tâches que je dois faire et qui ne sont pas faites parce que je n'ai pas le temps, je n'hésite pas à déléguer si on me propose. Juste en fait mettre de la communique sur place avec des collègues, c'est déjà énorme énorme. Et du coup dans ta vie ? Perso, en vrai c'est surtout le foot. Parce que je suis pratique du foot, ça fait des années.
30:00
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
Oui, des années, des années. En fait, je sais que quand je suis sur le terrain, je pense que là, ça va. Je pense même plus au travail ou à la vie. C'est au problème de perso en dehors, c'est football. En club ? Enfin, sport en général. Parce que le football, il y a des fois, tu vas faire la tennis de table. Ok. C'était tout pour... Avant, dernière question. Est-ce que tu peux me dire, selon toi, ce qui rend un patient plus vulnérable en soins critiques ?
30:53
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
point de vue vital ça peut être tout en vrai vital ça compte ça rentre en fait souvent nos passants vital sont sont incubés si on s'est daté donc sur le point de vue vital c'est la citade plusieurs multidéfaillances quand on passe à l'est juste fragile claqué donc quoi donc je sais pas si ça répond forcément à la question ça c'est vrai c'est un des trucs un peu évident quand on parle de rien il ya aussi le côté
31:24
S…
Speaker 1 (ADRIEN)
psychologiquement, ce que pour toi parce que en fait dans ce qui vit dans le service il y a des choses qui vont le rendre plus vulnérable mais juste si tu trouves que c'est pas le cas enfin je sais pas en fait j'ai pas de réponse juste le fait d'être déjà c'est d'être intubé c'est quelque chose qui le rend vulnérable en fait tu sais on est pas sur de l'hospite conventionnel c'est vraiment
31:50
S…
Speaker 2 (ADRIEN)
enfin nous on les retape juste la majorité du temps et après une fois qu'on a réglé on va dire les défaillances de l'animation quoi, les multidéfaillances qu'on les a stabilisées en fait qui mutent donc nous après on a plus trop de nouvelles on s'attarde moins sur le psy même si on a une psy qui est à la demande de l'équipe ou du patient quand on arrive à l'isoler un patient on va dire fragile
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Speaker 1 (ADRIEN)
qui a une rupture avec sa famille ou qui ne veut pas forcément les soins, etc. On rentre en contact avec la psychologue. Mais j'aurais pas peur pour ça t'apporter. Juste un truc au cas où ça te fait penser à quelque chose. En gros, quand le patient a un soin intensif, un soin continu, est-ce qu'il a plus peur ? Est-ce qu'il est plus demandant en général ? En fait, la majorité des patients, soit ils ne se rendent pas compte de leur état.
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Speaker 2 (ADRIEN)
Dans ce cas-là, ils ne ressentent pas forcément de choses. Mais c'est surtout quand ils ont des histoires de vie, enfin quand ils ont des choses à faire à l'extérieur. Par exemple, ils s'occupent de tierces personnes, ils sont aidants. Ou surtout quand, par exemple, ils doivent gérer un peu leurs parents ou leurs enfants qui ont des choses à l'extérieur. Là, tu vas les sentir plus stressés, plus angoissés. En vrai, c'est régulier qu'on a des patients qui sont aidants. Et que juste que eux, le fait d'être malade, ça met une source d'anxiété, de stress.
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Speaker 1 (ADRIEN)
à fond pour eux parce qu'ils estiment qu'eux n'ont pas été malades et qu'ils doivent aider des gens de leur famille. Et tu vois là c'est un des trucs que je retrouvais dans mes recherches, est-ce que dans la façon de les humaniser dans leur intimité, tu vois des trucs comme ça, est-ce que tu trouves qu'ici ça les rend plus vulnérables ? Oui. Par rapport à ce côté-là ? Vulnérable je sais pas si c'est le mot mais concrètement si, t'as aucune intimité. Enfin t'as de l'intimité quand ils sont dans les couloirs,
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Speaker 2 (ADRIEN)
parce qu'ils peuvent croiser des gens qui ne sont pas de l'équipe, ni médical, ni paramède, comme d'autres familles, des secrétaires, tous les gens qui peuvent venir à l'hôpital. Donc quand ils sont dans le couloir, ils sont un peu moins vulnérables, je dirais. En fait, quand ils sont dans leur chambre, tu as accès facilement à leur unité, tu les retrouves dans un lit et toi, souvent, tu es debout, donc forcément, tu as un rapport...
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Speaker 1 (ADRIEN)
de force qui n'est pas le même, c'est toi t'es debout, t'as une vue sur eux, donc là tu te laisses en tirer un peu plus. Et du coup, dernière question, c'est un mélange un peu sur le début, enfin les premières questions, est-ce que tu penses que les émotions et l'empathie influencent la prise en charge, donc c'est un peu général, des patients dans ce type de service, et si tu peux expliquer pourquoi. C'est un peu ce que t'as dit avant.
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Speaker 3 (ADRIEN)
Quand je mets en place des...
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Speaker 1 (ADRIEN)
et du relationnel avec mes patients, je sais que ça va surtout la majorité des cas. Enfin, même 80% des cas. J'ai influencé ma prise en charge dans le positif. Il faut que je développe un peu plus. Si tu n'as pas d'autre chose à dire... En fait, ça revient un peu à ce que j'existe dans mes situations. En gros, si je peux juste... Peut-être que ça va te faire développer un peu plus, mais en gros, juste, est-ce que tu trouves que particulièrement dans ce service, il y a besoin de plus d'empathie et de...
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Speaker 1 (ADRIEN)
de gestion d'émotions que dans d'autres. Autant pour toi, pour toi que pour... D'empathie, je sais pas. Ouais. Ça dépend vraiment des collègues, comment ils sont. Mais de gestion des émotions, pour toi, oui, forcément. Parce que t'as beaucoup de sources de stress, t'as beaucoup de choses. Enfin, t'es tout le temps, tout le temps, tout le temps... Peut-être que tu dois être tout le temps, pas sur la défensive, mais tu dois tout le temps être prêt à réagir, quoi. Et du coup, si t'arrives pas à être régulier, enfin, on en voit plein, plein, plein.
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Speaker 1 (ADRIEN)
qui prennent un poste ici, que ça soit infirmier ou aide-soignant, qui sont doublés, soit qu'ils ne vont pas au bout de leur doublure parce qu'ils se diront en fait c'est pas pour moi c'est trop dur, soit qu'ils vont au bout de leur doublure mais qu'ils lâchent le poste moins d'un mois après parce que pour eux c'est trop lourd toutes les émotions, enfin t'es souvent quand t'en veux décès, donc toi ça peut te faire revivre des choses si t'as une histoire de vie un peu compliquée. Donc c'est plus la régulation ou la gestion de tes propres émotions que...
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S…
Speaker 2 (ADRIEN)
Je l'embatte sur là.
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_Zvinyorwa
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