entretien socio
Apr 26, 2026 15:24
· 1:24:26
· French
· Whisper Turbo
· 4 speakers
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0:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Donc, tout d'abord, depuis combien de temps travaillez-vous en tant que bouquiniste au sein du marché d'Aile ? Ça va faire maintenant 5 ans. Auparavant, je faisais autre chose. Je vendais des bijoux et des rôles des années 30.
0:24
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Et du coup, est-ce que par rapport à ça, il y a une raison pour laquelle vous avez voulu plus spécifiquement travailler en tant que bouquiniste et dans ce marché spécifiquement ? Alors dans ce marché, parce que je suis voisin, j'habite dans le quartier. Et pourquoi bouquiniste ? Parce que j'aime les livres, je passais ma retraite, donc je ne voulais pas m'arrêter, on a travaillé. Je voulais continuer à travailler.
0:55
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Parce que vous avez un rapport au travail, vous aimez pas beaucoup avoir un temps libre trop important en fait, c'est ça ? Voilà, oui. Je voulais me rendre un peu utile parce que... Allez, je vous offre à toi quelque chose. Si, si, si. Moi je sais pas mais...
1:19
S…
Speaker 1 (entretien socio)
J'arrive à la retraite, j'avoue, je m'ennuie un petit peu.
1:25
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et donc voilà, je me suis lancé, malgré les dénégations de tous mes amis, parce qu'il y a deux personnes qui font des livres déjà, il y avait déjà deux personnes, et puis j'ai opté pour aller à un cil entre guillemets.
1:43
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Je ne demandais que des livres un peu pointus, donc de psychanalyse, de psychologie, de philo, tout ce qui est source humaine, la littérature, la poésie, le cinéma et le théâtre. Voilà ce que je pense. D'accord. Et est-ce que, enfin, on vous avait dit que vous avez exercé, exercé auparavant le métier de... Je suis psychologue clinicien. Vous étiez psychologue ? Oui, oui. De mon métier, voilà.
2:10
S…
Speaker 1 (entretien socio)
J'ai travaillé dans les hôpitaux de Paris. Je lis les livres à Maison Blanche, c'est sympa. Et du coup, vendre des livres, est-ce que ça s'est fait tout seul ou est-ce que vous avez eu quelqu'un qui vous a un peu guidé vers... Non, non, j'ai fait ça tout seul, tout seul. Malgré les dénégations de mes amis. Et finalement, ça a marché. Je me suis fait une petite clientèle.
2:31
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Vous dites que votre famille, enfin vos amis... Oui, tous mes amis disaient mais non, mais non, c'est pas la peine, il y a déjà des vendeurs de bouquins. C'était plutôt sur le fait de s'insérer sur ce... Voilà, donc j'ai pris ce créneau-là pour faire des bouquins un peu pointus. Un peu pointus, d'accord.
2:50
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Vous avez parlé un peu de l'université et du fait que vous êtes venue au préalable de l'enregistrement après un exil. Est-ce que vous avez entretenu un rapport particulier à l'école ? Est-ce que ça a un rapport aussi avec le travail que vous faites maintenant ? Dans le sens où vous avez pu vous sentir... Comment je peux expliquer ?
3:18
S…
Speaker 1 (entretien socio)
En tout cas, il y a bien un lien entre ce rapport à l'université, rapport au savoir, mais aussi... Oui, bien sûr, oui. En fait, je disais, je voulais me rendre utile, je voulais participer à la transmission du savoir.
3:34
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et c'est pour ça que je vends des livres, je ne vends pas cher en plus par rapport à internet. Parce que je connais les prix que je vends sur internet aussi. D'accord. L'objectif, ce n'est pas de se faire une marge en fait. Non, pas vraiment. Non, c'est pas vraiment. J'avoue, pas vraiment. C'est pour ça que je ne travaille que le samedi et dimanche. Le samedi et dimanche. Je ne déballe que le samedi et dimanche.
3:56
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Mais je fréquente le marché tous les jours. Je viens tous les jours, je vais un peu chiner. D'accord. Vous avez dit que vous habitez à côté. Oui, j'habite à côté. Et du coup, ça ne vous prend pas beaucoup de temps de venir au marché ? Non. Est-ce que vous en profitez pour faire quelque chose ? Est-ce que vous allez directement au marché parce que vous avez un objectif particulier ? Oui.
4:20
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Ou juste parfois vous arrêtez ? Est-ce qu'il y a une sorte de rituel ? Voilà, c'est devenu une sorte de rituel. Le matin, je me lève, je prends mon vélo. Attendez, tu mets en pause ? Je ne sais pas. Ah oui, là c'est l'heure. Là ils vont te repasser pour arroser, pour nettoyer.
4:43
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Voilà, c'est devenu un rituel. Alors il y a toute une époque, parce que je suis dans le quartier depuis 30 ans, il y a une époque où je faisais beaucoup d'antiquités. Donc j'achetais des tableaux, j'achetais des...
5:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Des choses que je revendais sur internet. Ça m'a permis d'ailleurs de financer les études de mes enfants. Pourquoi vous avez choisi ce marché en particulier ? D'abord la proximité.
5:23
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Pourquoi avez-vous choisi d'habiter ici ? Est-ce que c'est un choix ? C'est un peu compliqué. Non, ce n'est pas tout à fait un choix, justement. J'habitais dans le marais, dans une maison classée monument historique, et la mairie a récupéré cette maison-là. Ce n'est pas la mairie, c'est le patrimoine. Le patrimoine a voulu récupérer cette maison, et j'ai été relogé. Et on a relogé ici.
5:51
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Voilà, dans le deuxième. Et est-ce qu'il y a d'autres personnes qui sont dans ce cas-là ? Dans ce cas de figure ? Ah oui, il y a eu tout l'immeuble où j'habitais. Tout le monde a été relogé. Ici à Alligre ? Ah non, non, pas à Alligre. Ils l'ont un peu dispersé, un peu partout. D'accord. Et vous avez pu retrouver des personnes qui avaient subi, entre guillemets... Non, non, non, on a été tous vraiment dispersés, voilà. D'accord.
6:13
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et donc vous avez déjà travaillé dans un autre marché ? Non, c'est la première fois que j'ai cette expérience-là. Et ça fait 30 ans ? Oui, ça fait 30 ans. C'est pour ça que je connais la plupart des brocanteurs et même des vendeurs de légumes. D'accord. Et justement, par rapport aux personnes qui travaillent aussi au marché,
6:40
S…
Speaker 1 (entretien socio)
On a pu voir en se baladant dans les Etats qu'ils sont vraiment beaucoup en groupe. Et on voulait savoir si être seul avec vos livres, est-ce que c'est un choix ? C'est très différent de tout ce qui est vendre des légumes, etc. Est-ce que vous avez peut-être choisi ça parce que ça vous permettait une sorte d'indépendance ?
7:09
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Je ne sais pas, je choisis ça parce que c'est des livres déjà, je lis beaucoup. Ça me permet donc aussi de découvrir des bouquins. Mais c'est surtout cette histoire de transmission du savoir qui est très importante pour moi. D'ailleurs, je parle de ligne éditoriale comme pour les journaux.
7:31
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Ce que je vends essentiellement, c'est des livres entre les années 50, 70, qui a été une période très, très, comment dire, prolique, en quelque sorte. Il y a eu les nouveaux philosophes. Ceux dont on parle maintenant, comme Buxman et tout, il y avait son père déjà.
7:51
S…
Speaker 2 (entretien socio)
son père Louxman, avec Bernard-Henri Lévy, avec je ne sais plus qui encore, c'était les nouveaux philosophes. Et à la même époque aussi, ça correspondait avec le nouveau roman en France. Alain Robb-Grillet, des gens comme ça, Marguerite Duras, qui a donné après le nouveau cinéma, avec René.
8:15
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et justement, vous avez parlé un peu du fait que vous connaissez un peu tout le monde, parce que ça fait vraiment 30 ans que vous êtes ici, etc. Et on voulait savoir, est-ce qu'il y a une forme de solidarité entre les marchands ? Ah oui, ça existe, oui, oui. Enfin, une forme de solidarité. Disons que oui, allez, on va dire qu'il y a quand même une forme de solidarité. Ils se donnent des coups de main, ils se passent les manutentionnaires.
8:42
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Vous avez semblé un peu hésiter. Est-ce que vous voulez savoir pourquoi ? Oui, parce que le milieu des bons compteurs à l'origine...
8:52
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'était des gens plutôt qui étaient à l'extrême droite. À l'extrême droite, d'accord. C'est un milieu très dur. D'accord. Maintenant, avec le mélange des populations et tout, il y a beaucoup d'immigrés qui travaillent dans le domaine de la brocante. Vous diriez que le marché, ça peut être un lieu relativement politique ou est-ce qu'il y a des discussions avec soit les clients ou les autres ? C'est toujours un peu politique.
9:20
S…
Speaker 2 (entretien socio)
sachant que vous vendez des livres que vous avez des profils de clients ? Oui, je parlais tout à l'heure de l'inéditorial, je ne vends que des livres, on va dire plutôt à gauche, de critique, comme on dit maintenant, mainstream.
9:42
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et à part le fait que vous êtes dans un marché avec ces personnes-là, est-ce que vous trouvez que vous avez autre chose en commun ? Est-ce que vous avez autre chose en commun avec les autres personnes qui sont ici ? Oui, oui, oui. Je parle de solidarité, par exemple, quand quelqu'un...
10:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Il va ramener des livres, il m'appelle, il m'avertit, il me dit voilà Chavannes, je vais ramener des bouquins demain d'Angleterre.
10:07
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Le lendemain, moi, je vais voir qu'est-ce qu'il a ramené. Ah, d'accord. Voilà, s'il trouve des boucs intéressants pour moi. Oui. Et aussi, ils ont tous une histoire, les personnes qui habitent ici. Est-ce que vous avez l'occasion de vous voir aussi hors du travail ? Vous discutez ? Oui, mais rarement. Oui. Rarement. Au niveau du marché, oui. Je rencontre dans les cafés et tout.
10:31
S…
Speaker 2 (entretien socio)
d'accord mais sinon après tout le monde va partir de son côté oui donc c'est c'est plus le temps au moment du marché c'est plus un temps de solidarité mais après vous vous sentez que après le marché c'est plus c'est plus la même chose quoi oui oui d'accord
10:46
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Ok, d'accord. Et on a entendu parler d'une association justement un peu militante du marché. Je ne sais pas si vous en avez entendu parler. Une association ? Oui. C'est la commune peut-être ? Oui, exactement. Et est-ce que vous connaissez celui qui l'a créé ? Ah non. Il me semble que c'est quelqu'un qui venait du marché. Ça remonte la loi. Oui, on a vu que c'était en 1955 et c'était un...
11:12
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'était justement un maraîcher d'ici qui avait monté cette... Et est-ce que vous trouvez qu'elle a un réel impact sur le marché ? Écoutez, elle a 30 ans, oui. Il y a 30 ans, jusqu'à l'ouverture du centre culturel. Parce qu'il fonctionnait aussi comme un centre culturel. D'accord.
11:37
S…
Speaker 1 (entretien socio)
J'ai vu des films. À l'époque, on mangeait. On mangeait là. Alors on venait, on payait 5, je me rappelle. C'était des francs. On payait 5 francs à l'époque. Et on venait manger le dimanche après-midi. Voilà, il faisait un couscous. Ah oui, un couscous. Voilà.
12:02
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et c'était les personnes du coin qui cuisinaient ? Pardon ? C'était les personnes du coin qui cuisinaient ? Non, non, des gens de la commune d'Alique, des gens de l'association, des bénévoles. Moi je leur amenais des bouquins. Quand il me restait des bouquins qui ne sont pas vendus au bout de six mois, comme ça, je leur amenais.
12:23
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Je crois que ça y est encore une petite bibliothèque à l'entrée où on déposait des livres où les gens venaient se servir. Et ça ne faisait pas concurrence à votre étal ? Non, non, non. Parce que ma clientèle, c'est une clientèle de gens qui travaillent. Il y a des cliniciens, il y a des profs, il y a des psychanalystes, des psychologues.
12:50
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Et c'est pour ça que je n'ouvre que le samedi-dimanche. Parce que ma clientèle ne travaille pas le samedi-dimanche. D'accord. Parce que vous sentez que le reste des journées, le reste de la semaine, il n'y a plus personne, pas beaucoup d'autres personnes viennent ? Non. D'accord. Pour mes bouquins, non. Et vous trouvez que par rapport à, enfin, comme vous savez un peu, le travail que font vos clients, j'imagine que c'est parce que vous parlez beaucoup avec eux. Est-ce que vous avez réussi à allier des amitiés ? Ah oui, oui, oui. J'ai des amis qui vivent, oui, oui.
13:19
S…
Speaker 1 (entretien socio)
D'accord. J'ai des amis qui déballent, que je vois tous les jours. Et donc c'est plus facile d'avoir un lien proche avec les personnes qui viennent vous voir et qui viennent vous prendre vos livres, acheter vos livres, ou plus avec les personnes qui travaillent ici dans le marché ? C'est un peu difficile à dire, parce que forcément les clients, c'est plus des clients, parce qu'on passe beaucoup de temps à discuter autour de m'ensemble.
13:45
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et à la longue, ça devient des amis pratiquement. Je les rencontre en dehors, des fois en dehors. Et même ici, ils viennent me voir ici. On a donc des relations plus que commerciales.
14:06
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Est-ce que vous adaptez aussi votre marchandise par rapport aux personnes qui viennent ? Oui, parce qu'il y en a qui me demande des bouquins.
14:16
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Donc, j'essaye de les avoir. Oui, bien sûr. On parle beaucoup des livres. Et donc, ce n'est pas comparable avec les personnes qui travaillent dans les légumes, etc. Oui, oui, oui. Que la brocante ou les légumes, ce n'est pas pareil. D'accord. D'ailleurs, on me dit souvent, il y a plein de gens autour qui sont en train de discuter et tout. Et donc, il y a des rivalités pour reparler.
14:46
S…
Speaker 1 (entretien socio)
un peu plus que des relations que vous avez avec les autres états, est-ce qu'il y a des rivalités parfois ? Non pas avec moi, pas avec moi parce que je vends vraiment des bouquins un peu pointus, il y a deux autres personnes qui vendent des livres mais qui ont des kilomètres de livres.
15:00
S…
Speaker 2 (entretien socio)
En fait, je n'ai pas beaucoup de livres, d'autant plus que je n'adopte pas leur méthode, je ne mets pas mes livres comme ça. Je ne sais pas si vous avez vu mon temps, c'est par matière, et même au sein des matières, il y a parfois des écoles, des tendances, des mouvements, et je les mets à plat. Donc les gens, ils viennent, ils voient le livre, ils ne voient pas juste la tranche.
15:28
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Ok, justement par rapport aux techniques un peu de commercialisation, est-ce que ça vous aide ? Est-ce que vous parlez d'autres langues en fait ? Est-ce que vous parlez d'autres langues ? Oui, je parle anglais. Ok, anglais. L'arabe. L'arabe aussi. Et le français. Et le français. Vous êtes trilingue. Et je baraguine un peu en espagnol, en allemand. Moi je suis espagnol. Espagnol. Oui. Et du coup, est-ce que ça vous est utile pour à la fois plus renouer, encore une fois, un lien avec... Ah oui, bien sûr, oui.
15:58
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Bien sûr. Des fois, il y a des étrangers qui viennent m'acheter des bouquins. Parfois, j'ai des bouquins en anglais, en espagnol, en italien. Ça m'arrive. Mais souvent, il y a des touristes même qui m'achètent des livres en français. Et notamment une japonaise qui a un ami au Japon, je crois que c'est à Osaka, qui enseigne le français là-bas.
16:28
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Et elle lui passe en vidéo tous mes bouquins. Et lui, il commande. Donc elle m'achète des livres pour les envoyer au Japon. C'est marrant. C'est top.
16:42
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Est-ce qu'il y a des qualités particulières pour être un bon commerçant ? Je ne me considère pas vraiment comme un commerçant. D'abord le contact, comment parler aux gens.
17:00
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Ça c'est important, je pense que c'est important ça. Puis bon, il y a mes collègues qui font de la brocante. Le métier est différent, c'est pas comme vendre des bouquins. Et je pense que même pour eux ça fonctionne ça, le contact, comment parler aux gens, comment leur présenter un objet.
17:30
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Au début, vous avez dit que historiquement, les marchés et les maraîchers, c'est plutôt d'extrême droite. Oui, la profession de bon compteur, oui. On le retrouve d'ailleurs un peu au salon du livre, dans le 14e. Il y a là-bas un grand marché du livre.
17:53
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Et j'y ai été une fois. Ça a été une mauvaise expérience. Ils ont vu un arabe débarquer. Les brocanteurs, ils ne sont pas du tout arabes ici dans le marché d'Alique ? Oui. Là, je parlais d'un marché particulier, le marché aux livres, dans le 14e. Mais maintenant, justement, je voulais vous parler de ça. Tout à l'heure, je vous disais à un ami là-bas, je connaissais son père.
18:20
S…
Speaker 2 (entretien socio)
À l'époque, il se passait les licences de père en fils. Et ça commence à se perdre depuis une dizaine d'années. Et vous savez pourquoi ou pas ? Est-ce que vous savez pourquoi ça se perd ? Parce que maintenant, les jeunes ne veulent plus faire le métier de leur père, je suppose.
18:37
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Il reste trois personnes qui avaient leurs parents qui travaillaient sur le marché. On a pu observer qu'il y avait quand même pas mal de personnes qui étaient jeunes dans les états. Vous pensez que c'est les enfants des personnes qui travaillent ici ? Non, pas ceux-là. C'est surtout des gens d'obédience juive. D'accord.
19:06
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'est surtout qu'il se passait les naissons de père en fils. Il en reste trois. Il y a un marchand de légumes. Chez les gros compteurs, il y a Emile qui vend des livres. Comment il s'appelle l'autre ? Il y a un autre qui vend des draps, des serviettes. Je l'associe à un humoriste juif.
19:36
S…
Speaker 2 (entretien socio)
qui faisait son business sur les caleçons molletonnés. Alors comment il s'appelle ? Oh là là, je m'en rappelle plus. C'est pas vos références ? C'est un humoriste, il faisait des sketchs comme ça, il parlait tout le temps de caleçons molletonnés. D'accord, ouais. Est-ce que vous pensez que du coup, le fait que maintenant, ce soit de nouveaux maraîchers ? Oui.
20:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Rapport avec le fait que ce ne soit plus autant d'extrême droite qu'avant ? Oui, bien sûr, d'autant plus qu'il y a beaucoup d'immigrés, il y a beaucoup de Tunisiens, il y a beaucoup d'Algériens, très peu de Marocains, mais surtout des Algériens et des Tunisiens, parmi la brocante. Et puis, on parlait tout à l'heure politique, si c'est politique, oui c'est politique parce qu'on a vu arriver au fil des...
20:30
S…
Speaker 1 (entretien socio)
de ce qu'on appelait les printemps arabes, par exemple. On a vu arriver des Égyptiens, des Tunisiens, des Libyens sur le marché. Souvent, c'est des manutentionnaires, parce que la plupart n'avaient pas de papier. C'était des manutentionnaires. On a vu aussi quand même des gens sur les marchés aux légumes venir s'installer, notamment des Égyptiens. D'ailleurs, celui qu'on fasse là, c'est un Égyptien, celui qui a l'état de l'art.
21:03
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Donc ça a alimenté. Vous pensez que du coup, le rapport avec les mandats des différentes mairies, est-ce que déjà la mairie de base a un impact sur ce marché ? Oui, parce que c'est le seul marché qui fait de la braquante qui est géré par la mairie.
21:24
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'est le seul. Ah oui ? D'ici dans le 12ème ? Dans tout Paris. Dans tout Paris, oui. Tous les autres, c'est des marchés temporaires. C'est le seul marché, puisqu'elle a lâché maintenant Pignancourt, Vendre et Montreuil. Montreuil va partir d'ailleurs. Est-ce que vous pensez que c'est un rapport avec le fait que le marché Beauvau, par exemple, il est classé au monument historique et du coup, peut-être la mairie veut justement...
21:52
S…
Speaker 1 (entretien socio)
en profiter pour le protéger ? Oui, mais il y a eu des tentatives pour enlever le marché aussi de la part de la mairie. Il y a eu des tentatives à deux reprises. On a voulu faire un parc. Et l'autre reprise, c'est quoi ? Et l'autre fois, c'était quand ? Il n'y a pas très longtemps.
22:17
S…
Speaker 1 (entretien socio)
pas encore 10 ans il y a 8 ans comme ça et du coup justement avec cette mairie vous parlez avec les personnes de la mairie il y a une bonne relation ? oui maintenant ça s'est calmé parce qu'il y a eu des élections aussi ça s'est calmé alors l'histoire de Beauvau je ne sais pas si vous connaissez vraiment l'origine de ce marché là
22:45
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'était une femme aristocrate qui vendait des ballards. Il y avait des chevaux dans le marché couvert et qui ont été transmis. À un moment, ça a été donné à la mairie. Mais je ne me rappelle plus exactement en quelle année. Mais je sais que c'est un marché qui est très ancien. En tout cas, même les pratiques qui sont liées au marché, elles sont très anciennes. Est-ce que vous trouvez qu'il y a le fait qui est eu ?
23:11
S…
Speaker 1 (entretien socio)
beaucoup de migrations dans ce quartier, elles ont un peu changé les relations qui avaient été. Ça n'a jamais été la même relation ? Disons qu'il y a beaucoup plus d'immigrés qu'avant. Mais bon, généralement, dans les marchés, on trouve beaucoup d'immigrés généralement. Quel qu'il soit. Mais là, effectivement...
23:37
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Depuis que je suis arrivé, il y a une trentaine d'années, il y a eu de plus en plus d'immigrés qui sont arrivés. On parlait de la mairie, oui, parce que c'était dans le programme d'horizon, je crois.
24:02
S…
Speaker 2 (entretien socio)
d'horizons qui voulaient faire sortir les gens de Beauvau, les faire sortir dehors, les autoriser à déballer dehors. Et est-ce que justement, on a vu que, moi j'ai pu me balader à Beauvau et j'ai pu observer qu'il y avait des produits un peu plus, enfin des produits plus spécialisés, un peu plus létal aussi, t'étais beaucoup plus organisé et ça a l'air un peu plus chic. Et est-ce que justement vous avez, enfin vous pouvez être plutôt à l'extérieur avec plein d'autres...
24:30
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Est-ce que vous arrivez quand même à entretenir un lien avec ces personnes ? Ou le fait qu'il y ait une géographie qui soit très... Il y a eu souvent une grande séparation entre les deux. À Beauvau, c'est des gens qui ont hérité de leur licence depuis très très longtemps. Il y en a beaucoup aussi qui font ça de père en fils. Ils font beaucoup de choses du pays, du terroir, beaucoup de produits du terroir.
25:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et c'est cher, un peu cher, quand même, par rapport à la moyenne du quartier. Et depuis maintenant, on va dire une dizaine d'années, on voit quand même que la population du quartier a un peu changé. Elle s'est beaucoup rajeunie, parce que le 12e de tout temps, ça a été un arrondissement de rentiers. C'est beaucoup de rentiers, beaucoup de juifs aussi qui habitaient dans le 12e.
25:28
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et des travailleurs immigrés, mais c'était surtout la rue Charentan. Il y avait beaucoup de travailleurs immigrés qui habitaient. D'ailleurs, il y a beaucoup d'immeubles qui ont été refaits, ravalés et tout. Donc c'est une population quand même un peu différente du marché. D'accord.
25:49
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Et justement, ça rejoint aussi un peu le côté politique. Mais en 2021, j'avais vu qu'il s'est passé quelque chose d'un peu grave. Il y a eu une sorte de prise d'otage. Je pense qu'on avait entendu parler. En 2021 ? En 2021, oui. Il y a eu une prise d'otage. Il y avait deux commerçantes.
26:06
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Qui ont été prises en otage, non ? Oui, ici, là ? Oui, oui, oui, oui. Je crois que c'était une personne qui était un peu malade, il me semble. Ce n'était pas vraiment une prise d'otage violente. Non ? Oui, oui, ça s'est très bien passé. Ah, ok, d'accord. Vous savez ce qui a bien pu se passer concrètement ? Là, c'est une histoire de famille, il me semble.
26:31
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'était une histoire de famille. Je ne suis pas très au courant, mais j'en ai entendu parler. Ça s'est passé là-bas, effectivement. Et justement, la mairie, elle a eu un rôle particulier dans cette histoire. J'ai vu que vous avez réussi à passer rapidement à autre chose. D'après ce que j'ai entendu parler, pas vraiment. Il y a eu la police qui est venue, puis des choses se sont arrangées tout de suite. D'accord. J'avais pu voir que c'était justement une personne du marché qui avait signalé.
27:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Oui, oui, oui. Et ce n'est pas la première fois que ça arrive ? Ah si, c'était vraiment la première fois. Parce que généralement, les choses se passent très bien sur le marché et tout. C'est quand même un endroit calme. Ah oui, oui, oui. D'accord. Généralement, c'est très calme. Et ça montre bien en vrai la solidarité entre ces marchands ? Parce que ça s'est fait très vite. Oui, oui, bien sûr. Non, non. De manière générale, ils sont solidaires. C'est vrai, ils sont solidaires.
27:26
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Je crois que ça s'est passé dans un... Il me semble la boulangerie, il me semble. Je ne sais pas si vous avez des détails là-dessus. Sur la boulangerie ? Il me semble. Oui, je sais que c'était une personne du marché qui a prévenu la boulangerie, qui a prévenu... D'accord. Je ne sais pas si ça s'est fait dans la boulangerie en allemand. Il me semble, d'après ce que j'ai entendu, il me semble que c'était dans une boulangerie.
27:54
S…
Speaker 1 (entretien socio)
D'accord. Et sinon, tout à l'heure, vous aviez mentionné qu'il y a avant une dizaine d'années, c'est un rapport un peu plus conflictuel avec l'Amérique aujourd'hui. Oui, oui, oui, parce qu'ils avaient en tête d'enlever le marché, de fermer le marché, de faire un parc à la place ou je ne sais plus trop quoi. Et là, depuis le Covid, ils ont autorisé les cafés de la place à mettre des chaises sur la place. D'accord. Voilà, ce qui n'existait pas avant.
28:23
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Même ça, d'ailleurs, ça aussi c'est depuis le Covid qui les ont autorisés. Ça n'existait pas avant.
28:30
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et vous diriez qu'il y a un dialogue entre vous en tant que commerçant et la mairie ? Pas du tout, c'est vraiment, ils imposent des choses ? Oh si, quand même, quand même oui, il y a un dialogue entre la mairie et les commerçants. Ça se fait par l'intermédiaire d'une association particulière ? Pardon ? Ça se fait par l'intermédiaire de quelqu'un en particulier ? Non, non, mais il y avait, je pense que ça existe toujours, il y avait un groupe qui était en relation, une cellule qui était en relation avec la mairie. D'accord. Parce que le marché dépend de la mairie.
28:57
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'est la mairie qui donne les autorisations et ils sont à la rue de Cito. La rue de Cito, là-bas, il y a un organisme de la mairie qui nous donne les autorisations pour le marché. Et c'est eux qui contrôlent le marché par l'intermédiaire du placier. Je ne sais pas si vous connaissez le placier, non ? Vous ne l'avez pas rencontré ? Oh là, il est passé tout à l'heure. Et il habite aussi ici ? Non, il n'habite pas dans le quartier.
29:26
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Ils n'habitent pas dans le cas. Et encore une fois, on peut parler de ce marché comme quelque chose aussi un peu conflictuel. Il y a eu beaucoup de rivières qui sont pleins d'étalages sauvages. Je ne sais pas si vous avez en entendu parler. Des personnes qui vendaient des choses sans avoir une autorisation de la mairie. Qui vendent à la sauvette. Oui. À même le sol. Oui, en plus des commerçants.
29:54
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Effectivement, il y a beaucoup, surtout des Roumains, des Maghrébins.
30:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
qui viennent, qui vendent à la Sauvette jusqu'à ce que le placé arrive et les fasse partir. C'est un peu le jeu du chat et la souris. Et justement, quand vous voyez ça, est-ce que ça vous fait quelque chose ? Moi non, parce qu'ils ne vendent pas de livres. Mais par contre, il y a des collègues qui sont commerçants, ça les dérange un peu. Oui, logique.
30:27
S…
Speaker 1 (entretien socio)
parce qu'ils ne vendent pas cher et ça perturbe un peu la bonne mort du marché. D'accord. Et donc justement, cet ordre-là, c'est le placé qui le... C'est le placé qui vient, qui les fait partir, oui. D'accord. Et donc il est là à chaque fois qu'il a marché, tous les jours ? Hein ? Ils viennent tous les jours. Ils viennent tous les jours, tous les matins, ils sont là. Ouais, d'accord. C'est pour ça que je parlais du jeu du chat et la souris. Oui. C'est tous les jours, c'est comme ça. D'accord. Donc ça fait partie un peu des habitudes du marché. Voilà, ça fait partie, oui. Le matin...
30:56
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Ça va ? Le matin, oui. Ils arrivent donc le matin parce que le placé arrive vers 8h. D'accord. Parce qu'il y a des horaires sur le marché. Jusqu'à 8h, ceux qui ont des cartes du marché peuvent venir déballer. Ils ont une place assurée. Après 8h, c'est ce qu'on appelle les volants.
31:22
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Donc ceux qui ont des cartes et qui peuvent s'installer dans tous les marchés de Paris. Donc jusqu'à 8h, c'est ceux qui ont une carte du marché d'Aligre qui peuvent venir déballer. En attendant qu'après 8h, c'est ceux qui viennent des autres marchés, soit de Clignancourt, beaucoup de ventes, parce que c'est pas loin, qui viennent déballer ici. Est-ce que vous n'avez pas une place particulière attribuée ? C'est plus le premier qui arrive ? Alors il y en a qui ont des places particulières, ils payent leur place à l'année.
31:53
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Vous êtes dans ce cas ? Non, moi je paye tous les jours. Parce qu'il y a des fois il pleut, je ne viens pas.
32:03
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et il y a les autres qui viennent déballer au jour le jour, donc qui payent leur place au jour le jour. Et du coup, les personnes qui arrivent ici, tout le matin, est-ce qu'elles doivent se dépêcher justement pour essayer de trouver la bonne place ? Ah oui, oui, bien sûr. Du coup, ce serait quoi la bonne place ? Après 8 heures. La bonne place, c'est au milieu du marché déjà, voilà. C'est là, parce que le marché est disposé d'une certaine façon, il y a des axes.
32:31
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Il y a des axes pour les clients, les piétons et tout. L'idéal, ce serait de se mettre au niveau des axes pour qu'il y ait du flux.
32:45
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Oui, on a vu qu'il y avait beaucoup de personnes qui vendaient à peu près la même chose. Qui vendaient la même chose exactement. Et ils étaient à côté et ils avaient l'air de plutôt bien s'entendre. Oui, c'est vrai. Est-ce que vous savez qu'on peut l'expliquer d'une certaine façon, de votre point de vue ? C'est par rapport à ce qu'ils vendent, c'est par rapport à ce qu'ils proposent. C'est vrai, il y a beaucoup de brocantes. Maintenant, de plus en plus de fripes. Depuis quelques années, il y a de plus en plus de fripes.
33:13
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Mais sinon, c'est de la brocante classique. Oui. Et aussi, par rapport au marché, est-ce que vous trouvez qu'il y a quelque chose qui distingue Alligre de tous les autres marchés ? Ou pas forcément ? Comme vous allez dans notre marché pour voir, mais pas pour être à l'étal ? Parce qu'il y a aussi les légumes à côté. Il y a ça aussi. Les légumes ramènent beaucoup de gens. Ils ramènent beaucoup de clients.
33:43
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Et souvent ils font des courses puis après ils vont faire un tour sur le marché. Et vous pensez que si justement ils n'existaient pas, les personnes des légumes, enfin les gens ne viendraient pas chez vous ? S'ils viendraient moins, beaucoup moins, oui. Donc c'est plutôt une relation un peu de... Ah oui, c'est une osmose. Oui, exactement, d'accord.
34:10
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Donc là, c'est un peu plus personnel. Si vous ne voulez pas répondre, bien sûr. Mais est-ce que c'est plus par rapport à vous, en tant que personne, ce marché-là, est-ce qu'il vous définit d'une certaine façon ?
34:26
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'est quelque chose que, en tant que bouquiniste, vous aimeriez bien transmettre peut-être à vos enfants. Vous avez parlé de vos enfants tout à l'heure. Ah, mes enfants, ils sont grands maintenant. Chacun son boulot et tout. Non, non, je ne leur conseillerais pas ça. C'est vraiment une aventure personnelle, quoi. Oui. Et du coup, comme vous ne travaillez pas à Plantin, vous travaillez deux fois par semaine. Le reste du temps, qu'est-ce que vous faites ? Alors, le reste du temps, je lis. D'accord.
34:52
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Je vends sur internet aussi. Mais je vends des livres rare et anciens sur internet. Et sur internet, vous n'avez pas du tout la même clientèle ? Ah non.
35:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Ça n'a rien à voir, là on rencontre des gens, on discute, on finit par les connaître.
35:05
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'est pas Internet, c'est un personnel. Et ça marche plutôt avec une forme d'algorithme ? Non, non, non, non, non. Je n'utilise pas d'algorithme. Non ? Non. Même pas pour chercher d'ailleurs mes livres. Parce que je vois plein, j'ai des copains. Ils vendent sur Internet, ils viennent acheter des livres ici. Et ils sont tout le temps avec leurs trucs de... Comment on appelle ça ?
35:34
S…
Speaker 1 (entretien socio)
des barcodes et tout. Parce que maintenant, la technique est aussi avancée maintenant. On peut évaluer un livre à partir soit du code barre, ou bien de la photo carrément. Dans Google, il y a Google View.
35:53
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Google View et on prend la photo du bouquin et vous avez tous les bouquins qui sont en vente. Donc vous avez une appréciation du prix. Vous avez l'air très calé dans tout ce qui est technologie. Est-ce que vous avez appris tout seul justement ça ? Je l'ai appris tout seul, oui. Enfin, dans les années 90, je fais un...
36:18
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Une formation de documentaliste sur réseau. D'ailleurs, je fais partie de la première promotion de documentaliste sur réseau. Et ça, ça m'a beaucoup aidé pour mes recherches, parce que je fais beaucoup de recherches sur les bouquins.
36:33
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Recherche dans l'objectif de vendre quelque chose de plus rare peut-être ? Voilà, surtout pour les livres rares et anciens. Pour pouvoir donner le bon prix ? Déjà, savoir ce que j'ai entre les mains. Voir l'année de parution, on peut le trouver sur le livre. L'année où ça a été imprimé, l'année où ça a été déposé, ce qu'on appelle le dépôt légal. Généralement, on le trouve au début.
37:01
S…
Speaker 1 (entretien socio)
L'imprimerie, on le trouve à la fin du bouquin. Et puis après, si c'est une édition originale, s'il est orthographié par l'auteur.
37:17
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'est à l'heure, vous disiez qu'au début, quand vous êtes installés, vos amis vont peut-être essayer de vous dissuader, mais aujourd'hui, notamment votre famille, est-ce qu'ils sont plutôt... Ah oui, ils hallucinent un peu. Et par rapport à l'équilibre de votre vie personnelle et votre travail, aujourd'hui, est-ce que c'est pour prendre des vacances avec votre famille ou passer du temps ? Oui, non, non, ça va, il me reste quand même beaucoup de temps libre, il me reste quand même beaucoup de temps libre, parce que je déballe que samedi-dimanche.
37:44
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Voilà, le matin je suis occupé, je suis au marché aussi le matin. Donc après j'ai tous mes après-midi pour travailler, soit à la maison, soit sur internet. Non, non, ça va. Et du coup, vos enfants, ils font des études qui vous ressemblent ou pas vraiment ? Qui me ressemblent ? Oui, ils ont fait l'université déjà. Non, alors le plus âgé, il a 41 ans.
38:11
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Il travaille dans le service social. Il travaille à la mairie d'ailleurs, dans le 20ème, au service social du 20ème. Et le plus jeune, lui, il a fait cinéma, il a fait metteur en scène et il est vidéaste. Alors, il a développé une technique. Il donne des cours dans les écoles pour les enfants, initiation au cinéma.
38:36
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Donc ça peut durer trois mois, six mois ou une année. Donc ils les initient au cinéma. Ils font le scénario, une histoire. C'est eux qui le découpent. Et après, dans la classe, ils prennent la moitié qui vont faire tout ce qui est maquillage, habillage, la prise de son et tout. Et les autres qui filment et les autres qui font acteur.
39:04
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et à la fin de l'année, au bout des six mois, ils ont un film à présenter à l'école qui est fait à 100% par les enfants. Est-ce que c'est des choses que vous auriez aimé faire aussi ? Oui, ce que j'aurais aimé faire, en fait, la psycho, j'ai adoré travailler là-dedans. D'ailleurs, je continue toujours, je m'informe.
39:32
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Non, à un moment je voulais faire enseigner. Je voulais enseigner toujours cette transmission du savoir. En plus j'ai été dans une université un peu particulière à Paris 8, Vincennes, parce que maintenant elle est à Saint-Denis. A l'époque c'était dans le bois de Vincennes. On devait prendre un bus pour aller jusqu'à l'université.
40:01
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'était un terrain militaire qui a été prêté à l'éducation nationale. Cette université était rasée, mais complètement rasée. Il n'y a même pas un panneau pour dire « ici il y avait une université ». La broussaille a poussé et tout, on ne voit même plus l'endroit où la fac était...
40:20
S…
Speaker 1 (entretien socio)
tellement le gouvernement en avait marre de cette fois. Parce qu'à l'origine, elle a été créée par Edgar Ford en 1969 pour y mettre tous les gauchistes, tous ceux qui ont participé à 1068. Et c'est ce qui s'est passé d'ailleurs. C'est devenu une université très critique.
40:42
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et je me rappelle à l'époque, on disait, Vincennes, ce n'est pas une université où on transmet le savoir, c'est une université où on crée le savoir. Parce qu'à l'époque, il n'y avait pas les nouveaux philosophes, mais Châtelet venait là, Lacan venait là-bas, Deleuze, Gattari.
41:08
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Il y avait tous les penseurs français qui venaient là-bas donner des cours. Et si on regarde un petit peu sur votre transition de votre ancien métier à ce qu'on fait aujourd'hui, est-ce que vous diriez que vraiment la dimension légale qui a été le fait d'aller démarcher la mairie, comment ça se passe concrètement ? Est-ce que ça a été compliqué pour vous ? Non, non, je me suis renseigné comment ils font les copains et tout. Il faut juste avoir un statut d'auto-entrepreneur, puis aller demander une carte à la mairie pour pouvoir déballer.
41:41
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Sinon, moi, je n'ai jamais été intéressé par le commerce ou par le business. Jamais ? Jamais. Vous n'aviez jamais fait de cours d'économie pour comprendre comment ça marchait ? Non, même pas. Et il y a bien quelqu'un qui a dû vous initier ? Non, même pas. Vendre des livres, pour moi, ça a découlé d'une vie. C'est naturel. Ok.
42:06
S…
Speaker 1 (entretien socio)
D'autant plus que, je vous dis, je ne vendais pas vraiment pour l'argent. Est-ce que, néanmoins, il y a déjà des personnes qui vous ont volé ? Non, volé des livres, non. Je laissais souvent mes étalages comme ça. Je partais boire un café, aller aux toilettes et tout. Et on me disait « Mais attention, Antoine ! » Je dis « Non, les bouquins, ça ne se volent pas. »
42:29
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Vous avez cette sorte ? Oui, jamais eu ce genre de problème. Et d'autres personnes ont eu ce problème ? Est-ce que d'autres personnes ont eu ce problème ? Ah, pour les brocanteurs, oui, oui. La mairie est assez réactive ? La mairie sur le marché, elle est pratiquement absente. Ah oui, elle est ? Oui, il y a juste...
42:50
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Donc le bureau, la rue Sito, qui s'en occupe, qui délègue le placeur. Et c'est le placeur qui fait la police, entre guillemets. Mais souvent, ils n'appellent pas la police. Oui, souvent, ils n'appellent pas la police. Ils essaient de régler ça un peu à la merde.
43:12
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Est-ce que vous diriez que votre rapport au travail et à la politique, est-ce que votre travail a influencé vos opinions politiques ? Oui, bien sûr, par rapport à ce que je vends, oui. On ne trouvera pas un livre de droite ou d'extrême droite sur mon étalage.
43:40
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et est-ce que peut-être le monde du marché, personnellement, vous a influencé ? Oui, non, non, ça c'est personnel, oui, oui. Parce que je ne dirais pas la même chose de tous mes collègues au marché. Je ne connais pas leurs opinions politiques. Ah oui, vous ne discutez pas entre... Oui, oui, oui. Mais moi, bon, je viens de la Ligue communiste, j'étais militant de la Ligue communiste. D'accord.
44:01
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Vous avez l'air d'être gêné de dire ça ? Vous vaissez un peu la voix ? Non, non, non, je n'ai pas honte du tout. Je vous dis, le nombre de personnes au Parti Socialiste qui sont passées par la Ligue Communiste, Mélenchon est passé par la Ligue Communiste. D'ailleurs, lui, il n'en est pas sorti, parce qu'il est en train de mettre sur pied tout ce qu'il a appris.
44:29
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Mais au Parti Socialiste, à une époque Jospin, qui a été Premier ministre, venait de la Ligue Communiste, comme Badélis, venait de la Ligue Communiste. Moi, je me rappelle, je le voyais venir à cette époque. Il venait sur le marché ? Pardon ? Il est venu sur le marché ? Non, non, il venait à la Ligue. Ah, oui, oui. Ok. Parce que du coup, vous étiez engagé vous-même dans la Ligue ? Oui, oui, oui, j'étais engagé moi-même. D'accord. Et donc, vous entretenez beaucoup de liens avec ces personnes. Est-ce que vous entretenez encore ces liens avec... Non, non, non, plus. Parce que j'ai quitté la Ligue...
45:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Ligue, le jour, il y a eu la scission avec l'ancien directeur de libération. Et là, j'ai quitté la Ligue.
45:25
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Du coup, est-ce que vous trouvez que les changements qu'il y a, en fait, finalement, de politique, de mairie, ça pourrait... Non, ça n'a pas beaucoup joué dedans. Ça pourrait vous faire quitter, par exemple, à la mairie, il y a quelqu'un d'extrême droite qui... Est-ce que ça pourrait vous donner envie d'arrêter ce que vous faites ? Là, si c'est une incidence sur le marché, oui. Ah oui, bien sûr. J'ai eu très peur quand il y a eu la...
45:54
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'est pas grave. Ah, heureusement ça. Désolé. Oui, quand il y a eu d'incidence. Dati, voilà. Quand il y a eu Dati et tout, là, j'ai eu très peur. Oui.
46:05
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et du coup, concrètement, vous dites que la mairie est assez peu présente, hormis le placier, mais est-ce qu'il n'y a jamais eu d'exemple de transformation majeure sur le quartier par rapport au départ mandat ? Non, non, non, il est le même depuis que je le connais. Il n'y a pas eu de changement, à part l'après-midi maintenant, les cafés qui peuvent mettre leur table sur la place. Je ne sais pas si vous êtes venus l'après-midi là.
46:30
S…
Speaker 1 (entretien socio)
L'après-midi, il y a tous les cafés environnants qui mettent leur chaise sur la place.
46:38
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'est là où on voit que le quartier a un peu changé parce qu'il y a beaucoup de jeunes, beaucoup de jeunes qui viennent. Généralement, c'est des jeunes du quartier. Mais le marché, c'est vraiment l'âme du quartier. Le lundi, demain, vous passez, il n'y a personne, personne, personne. Même pas dans les cafés ? Même pas dans les cafés, il ferme. Ah oui ? Là, il est fermé, il est fermé lundi. Il n'y a que celui-là qui ouvre de temps en temps le lundi.
47:11
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Le quartier est mort le lundi. C'est vraiment le marché qui fait poisonner... C'est le marché qui fait marcher le quartier.
47:20
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'est vraiment l'âme du quartier. Je vous ai ramené le numéro de téléphone de Mona. C'est la fille qui a fait le documentaire sur le marché.
47:39
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Alors elle était aux Etats-Unis. Là j'ai vu son frère là tout à l'heure. Elle était aux Etats-Unis mais elle a dû rentrer maintenant. D'accord. Alors je vais vous donner une humaine en téléphone. N'hésitez pas à vous l'appeler. Oui bien sûr. Elle est très sympa, très gentille. Voilà, vous dites que vous l'appelez de la part du bouquiniste Shaban ou de son frère. D'accord. Et... Il y a vraiment beaucoup de bruit ici. Oui, je pense.
48:24
S…
Speaker 3 (entretien socio)
Voilà, je vous le donne ? Oui bien sûr. Alors, c'est le 06. 99, 46, 94.
48:59
S…
Speaker 4 (entretien socio)
Je l'ai sur mon truc.
49:15
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Est-ce que vous avez déjà eu des litiges avec des clients ? Non, moi personnellement non. Les bouquins ça se passe très bien. D'autant plus que je travaille d'une façon un peu particulière. Il y a des clients par exemple qui commencent à feuilleter un livre et tout.
49:38
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Je leur dis, je leur dis, vous le prenez, vous regardez à la maison. Non. Non, vraiment ? Ah oui, il m'arrive. Ah oui, et vous faites confiance. Vous faites confiance aux gens. Oui, je fais confiance. Bon, souvent, c'est les gens que je vois régulièrement. Oui. J'ai l'impression que ça marche beaucoup avec la confiance. C'est avec vous. Vous êtes très...
50:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Je pense que dans les rapports humains entre les gens, il faut de la confiance. Sinon, il n'y a plus rien. Ok. Et vous avez ces mêmes rapports avec les personnes du marché, en fait ? Oui, oui, oui. Comme ça dans la vie aussi. Et rien à voir, mais en 2021, il y a eu un incendie ici.
50:21
S…
Speaker 4 (entretien socio)
Est-ce que ça vous a marqué ? C'est l'incendie du marché. Oui, il y a eu le toit qui a pris feu. Je sais qu'il y a quelqu'un qui a oublié un appareil branché et ça a pris feu la nuit. Oui, oui, oui.
50:35
S…
Speaker 4 (entretien socio)
Pas tellement parce que ce n'était pas vraiment spectaculaire. Ça commençait à brûler sur le doigt, puis après les pompiers sont venus, ils ont fait ça. Ce n'était pas vraiment spectaculaire. Et ça n'a pas attisé de tensions particulières ? Non, mais quand même, ça fait quelque chose aux gens, je crois.
50:56
S…
Speaker 1 (entretien socio)
A la fois aux personnes qui habitent ici ? Oui, les gens du marché. Ils ont vu à quel point ils pouvaient être justement vulnérables. D'accord. Vulnérable face à une mairie qui n'agit pas ? Pardon ? Face à quoi ? Face à des accidents comme ça, comme un incendie. Oui. Il y a vraiment beaucoup de bruit. Non, non, ça c'est l'heure.
51:57
S…
Speaker 3 (entretien socio)
Nous, on est à Henri-Piatre ?
52:02
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Mais on n'est pas dans une prépa, ça s'appelle l'humanité. On fait beaucoup de choses, beaucoup de lettres. C'est très varié, très vaste. En lettres, on fait de la littérature. Là, on travaille sur Proust.
52:27
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et sinon, on a de la philosophie, et puis on a aussi de l'histoire, voilà, voilà. Beaucoup de soucis, très très disciplinaires. On est souvent des profils d'élèves qui aiment beaucoup faire beaucoup de choses à la fois, dans la solidarité, etc.
53:16
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Plutôt, vous disiez que les gens à votre stand... Ça, tu cries ? Ça, tu te rapproches ? Plutôt, vous disiez que les gens à votre stand, ils en profitent pour discuter, pour avoir une vraie sociabilité, donc vous direz que ça contribue vraiment à ce que des gens puissent avoir votre sociabilité, votre stand ?
54:26
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Est-ce que vous considérez que votre stand, plutôt que vous disiez que des gens profitent pour discuter de vos livres, etc. Est-ce que du coup, c'est un vrai petit centre de sociabilité ? Ah oui, bien sûr, bien sûr. Il y a des rencontres entre vous ? Oui, il y a des rencontres. Il y a même des anciens clients qui viennent, qui passent juste pour dire bonjour, et ils me demandent si je vais ramener quelque chose de neuf.
54:52
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Le marché a l'air d'avoir une grande place quand même dans votre quotidien en réalité, est-ce que quand il n'y a pas le marché,
55:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Vous avez quand même à côté toute une autre vie ou c'est très concentré sur le marché quand même ? C'est quand même pas mal concentré sur le marché. Oui, c'est vrai ? Quand même, oui. Est-ce que vous diriez que ça vous définit ou pas vraiment ? Est-ce que vous diriez que le marché de la ligue me définit ou c'est pas une phrase qui pourrait... Non, non, mais j'arrive à m'occuper. Je m'occupe pas mal. Tu rigoles, je...
55:30
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Vous voyez les personnes que vous rencontrez ici, la plupart du temps, c'est des amis que vous voyez le plus souvent ? Parmi les clients ? Oui. Non, en général, est-ce que le moment où vous voyez les personnes, où vous vous posez avec les personnes pour parler, pour entretenir justement un lien, un rapport, etc., est-ce que ça se fait fondamentalement au marché, puis quand vous êtes chez vous, vous avez moins ce contact-là avec les personnes ? Non, non, je change complètement. Oui.
55:55
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Mais vous n'êtes jamais seul ? Non, non, non, ça va. Mais bon, je fonctionne comme ça. En dehors du marché, je ne suis plus au marché. Oui. Vous ne voyez pas les personnes du marché en dehors ? De temps en temps, comme ça, au fil des rencontres, l'après-midi, oui.
56:20
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et quand on vous avait rencontré, on avait vu que vous étiez à côté de quelqu'un. Il y avait quelqu'un assis à côté de vous. Quelqu'un assis à côté de vous. On n'a pas pu parler avec lui, mais on ne savait pas. Est-ce que c'était un ami d'ici ? Ou c'est justement un ami brocanteur ? Est-ce que vous vous rappelez peut-être de qui c'est ? Ou pas ?
56:40
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Celui qui est assez là ? Non, qui est assez à côté. Vous vendiez vos livres. D'accord, oui. Oui, généralement, c'est les mêmes. On retrouve les mêmes voisins. C'est un ami à vous ? C'est un voisin ?
56:57
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Non, c'est quelqu'un... Je vous dis, la plupart, ils n'habitent pas le quartier. Il y en a deux, trois qui habitent le quartier, mais les autres, ils habitent ailleurs. Donc, je n'ai pas l'occasion vraiment de les voir en dehors du marché. Mais sinon, bon, c'est des gens que je connais depuis 10 ans, 15 ans, qui déballent et forcément, ça crée des relations. Oui, d'accord.
57:28
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'est pratique parce que quand je ne travaille pas, par exemple la semaine quand je vais, si j'ai envie d'acheter quelque chose, ils me font des primes. Ah oui, ok, c'est pratique.
57:42
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Des fois même j'amène des copains pour acheter. Ah oui ? Pour profiter... C'est des copains que vous avez gardés de l'université ou c'est des personnes qui... Non, non, des gens d'ici, généralement du quartier. Du quartier, donc... En fait, vous allez beaucoup dans d'autres arrondissements, vous restez quand même beaucoup très... Oui, oui, je bouge, oui, oui. Oui, beaucoup. Je suis sur le vélo alors. Vélo, ok.
58:09
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Vous voudriez continuer votre activité encore longtemps ? Tant que je peux, oui. Je n'ai pas de plan de carrière, non. Vous attendez quelque chose de plus à votre métier ? Oh non, non. Ça vous suffit ? Il faut être bien ? Non, ça va. Comme je suis, là, c'est très bien. J'ai une petite clientèle.
58:32
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Ça va, je ne demande pas plus, quoi. Si, d'avoir des bouquins, des nouveaux bouquins, voilà, qui peuvent intéresser mes clients. Et donc, vous dites que le profil de vos clients, c'est plutôt des personnes qui sont très, on va dire, intellectuelles, ou qui sont plutôt à gauche, vous avez dit, et qui sont... Oui, à gauche, je suppose, parce que, bon, ils assurent mes bouquins.
58:56
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Je suppose beaucoup de travailleurs, des gens où ils soient des psychanalystes, des psychologues, des chercheurs, des profs.
59:09
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et ils viennent beaucoup d'ailleurs, vous l'avez dit. Ils viennent beaucoup d'ailleurs. Est-ce qu'il y a des gens qui viennent, qui vont faire le trajet juste pour venir à votre stand ? Juste pour venir ici ? Il y en a. Il y en a aussi. Il y en a qui me disent ça. Ils viennent juste pour voir mon stand. Ok, d'accord. Il y en a. Ils viennent d'autres arrondissements d'ailleurs. Ils viennent d'où ? Quel arrondissement ? Je n'ai pas beaucoup du 11ème parce que c'est à côté.
59:39
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Il y en a qui viennent du quatrième, du dix-septième, un peu partout. D'accord. Et... C'est quelque chose ? Pardon ? Je ne sais pas si on a tout demandé. C'est là qu'il y a quelque chose ? Oui, j'attends juste que... Ah ok.
1:00:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Du coup, toujours sur ce rapport, moi je suis déjà assez politique, ça m'intéresse pas, mais ce rapport du coup, extrême droite et maintenant c'est basculant plutôt à gauche, est-ce qu'il y a toujours des profils qui sont relativement à droite ? Est-ce que c'est plutôt des agriculteurs du coup, s'il y en a ?
1:00:17
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Je ne sais pas, mais j'arrive à voir un peu par rapport aux bouquins qu'ils consultent et tout, j'arrive un peu à les situer un petit peu. Et même par rapport aux autres maraîchers du couple ? Les autres maraîchers là maintenant, beaucoup d'immigrés, beaucoup blagues.
1:00:37
S…
Speaker 2 (entretien socio)
À part ceux qui sont au marché, le Beauvau, et ceux qui sont à côté du marché. En plus, il y a une sorte de dynamique au niveau des légumes. En fait, il n'y en a pas beaucoup qui achètent vraiment à Rungis. Il y en a trois ou quatre seulement. Et il se passe la marchandise. Au bout de trois jours, il se la passe.
1:01:03
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Alors il y a deuxième main, troisième main. Voilà. Là, ici, c'est vraiment le dernier. C'est le moins cher d'ailleurs, celui qui déballe ici. C'est le moins cher parce que c'est le dernier. C'est des légumes, on va dire qu'ils ont passé pratiquement la semaine au marché. Ah oui. Voilà, il y en a...
1:01:24
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Ceux qui ont du vraiment frais, c'est ceux qui sont tout en haut. Et ceux qui sont autour du marché, mais sur la gauche. Qui sont collés au marché. Les gens le savent ? Ils viennent pour ça ? Les gens qui connaissent bien le marché, oui, ils le savent. Par rapport déjà au prix. Déjà, il y a une dynamique dans la dynamique. Oui, on a vu. C'est très complexe.
1:02:03
S…
Speaker 3 (entretien socio)
Et est-ce que peut-être vous avez une anecdote particulière par rapport au marché ? Qui vous a marqué ? C'est un peu compliqué mais... Je veux dire des anecdotes, il y en a tous les jours. Oui, c'est quoi la dernière la plus marquante ? Oh la dernière... Oh là, je sais pas...
1:02:26
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Vraiment que ce soit vraiment particulier parce que généralement c'est des petites histoires de...
1:02:37
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Je ne sais plus l'internance, je ne m'en rappelle plus. Peut-être que j'aurais une question encore. Du coup, vos profils entre vos clients et les clients des maraîchers sont relativement différents. Est-ce que vous êtes quand même un vecteur qui permet de ramener des clients après chez les maraîchers ou inversement ? Je vous ai dit, ça fonctionne en symbiose. C'est des gens qui viennent au départ acheter, faire des courses et qui vont tenter une aventure sur la brocante.
1:03:04
S…
Speaker 2 (entretien socio)
et qui atterrissent parfois chez moi. Et on a d'autres qui sont vraiment intéressés par les bouquins. J'ai deux, trois psychanalystes, par exemple, qui viennent régulièrement voir que mes bouquins, puis après ils font même pas le marché. Ah oui ? Et ça vous arrive d'après de faire des repas tous ensemble, comme autrefois ? Ça m'est arrivé, oui, de retrouver des clients. Après avoir des remballés et tout, j'ai retrouvé...
1:03:31
S…
Speaker 3 (entretien socio)
Autour d'un plat ou au restaurant. Et pareil avec les autres membres du marché ? Non, je crois que c'est différent. C'est quoi qui vous éloigne d'eux en réalité ? Je pense que c'est la manière de faire le commerce. Ils sont plus commerçants que moi.
1:03:56
S…
Speaker 1 (entretien socio)
leur poche quoi, ce qu'ils peuvent engranger. Puis moi bon, si je fais une bonne journée, je fais une bonne journée, je fais une mauvaise mauvaise. Oui. Et finalement du coup sur ce côté commerçant, vraiment même entre eux, il y a très peu de rivalité, il n'y a jamais de litige ? Si, entre eux, oui. Entre les commerçants, oui. Il y a un rapport publicuel.
1:04:20
S…
Speaker 3 (entretien socio)
Pour ne pas piquer le client du voisin. Et des fois, est-ce qu'il y a des rumeurs qui tournent un peu dans le marché, comme si c'était une sorte de village ? Est-ce que vous diriez que le marché en lui-même est une sorte de petit village ? Ah oui, c'est un petit village. C'est vraiment l'âme du quartier. Ah oui, oui.
1:04:41
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Et donc il y a des rumeurs ? Il y a des choses comme ça qui passent ? Oh, des rumeurs, c'est des petites histoires entre commerçants et tout. Mais ça tourne toujours autour de la vente. Moi, je n'ai pas ce genre de problème.
1:05:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et du coup, vous êtes algérien ? D'origine algérienne, je suis bi-nationale. Est-ce que cette nationalité-là vous aide aussi à entretenir un lien avec les autres Arabes d'ici ? Oui, bien sûr. Est-ce que justement les gens qui sont...
1:05:24
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Les autres personnes qui ne sont pas arabes, est-ce que c'est moins facile de s'intégrer ? Non, là, au niveau du marché, non. Non, non, il y a beaucoup de Roumains qui viennent, qui vont dans la sauvette, par exemple. Ils n'ont pas vraiment des rapports conflictuels avec les autres, quoi. Non, ok. Non, non. Non, non, c'est un marché, ça... Certains, ça roule bien, quoi, ça fonctionne bien. Oui.
1:05:51
S…
Speaker 2 (entretien socio)
À force, les gens s'adaptent. Par exemple, ceux qui vont dans la Sauvette, s'ils voient qu'il y a un commerçant, ça ne lui plaît pas trop, ils vont aller se mettre ailleurs. Ils ne vont pas chercher à s'imposer. Non, c'est rare qu'il y ait vraiment des problèmes sur le marché. Vous n'avez pas une anecdote qui vous fait ? Des histoires de brocanteurs...
1:06:26
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Des fois, c'est la place, effectivement. Il y a des bons compteurs, comme dit Georges Brassens, il y a des gens bien singuliers. J'ai une copine, par exemple, elle vend de la fripe. Ça fait dix ans qu'elle vend ici. Elle n'a jamais acheté quoi que ce soit. Elle vend que de la récu. Elle vient à la fin du marché, elle récupère et tout, et elle remet sur son stand. Il y a des gens un peu comme ça.
1:06:58
S…
Speaker 1 (entretien socio)
En fait, qui vivent avec le marché, carrément, vraiment. Ah, peut-être que, justement, les personnes qui vendent à l'étal, etc., justement, ici, peut-être que vous êtes moins proches, peut-être parce que l'objectif, en fait, c'est... Enfin, ils n'ont que ça, en fait, pour vivre. Est-ce que vous savez s'ils combinent d'autres métiers aussi avec le marché ? Est-ce que ça leur rapporte assez pour vivre, même dans le 12e, parce que c'est quand même Paris, quoi. Ben oui, parce que...
1:07:21
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Finalement, moi, je suis en retraite, je peux vivre avec ma retraite. Il y en a d'autres qui ne peuvent pas, il faut qu'ils travaillent, il faut qu'ils gagnent des sous. Donc eux, ils ne sont plus, comment dire, plus ancrés sur le marché.
1:07:39
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et c'est quelque chose que vous discutez ? Est-ce que c'est un peu tabou l'argent au marché ? Ou peut-être ça change ? Un peu, j'ai remarqué. Les gens ne disent jamais ce qu'ils ont réellement gagné. Ils disent toujours qu'ils ont gagné beaucoup plus. Plus ? Ah bon ? Ah ouais, moi j'aurais plutôt dit moins pour ne pas attirer... Non, non, non. Entre eux, ils disent comme ça. J'ai remarqué. Même s'il n'y a personne sur le marché, j'ai bien vendu, ça va. Ok.
1:08:07
S…
Speaker 3 (entretien socio)
Il y a vraiment un rapport de compétitivité. Il y a ça aussi.
1:08:13
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Mais ça ne vous affecte pas ? Non, non. Je ne suis pas tributaire de ce que je vends. Il y a beaucoup d'autres anciens du marché qui, comme vous, ça fait 30 ans qu'ils sont là, ou bien plus. C'est avec eux que vous avez plus de liens ? Il y en a quelques-uns avec tout le monde. Qu'est-ce qu'il reste ? Il ne reste plus beaucoup des anciens. Il reste Émile.
1:08:45
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Alain, Emil Alain, qu'est-ce qu'il reste encore ? Lui, Alain, il en reste trois, ceux que je connais. Il en reste trois, dont les parents étaient d'ailleurs sur le marché déjà.
1:09:01
S…
Speaker 1 (entretien socio)
C'est les plus anciens que je connais. Tous les autres sont venus après. Et du coup, vous connaissez pas leur nom ? Vous connaissez pas le nom des autres ? Si, si, je connais leur nom, oui. Ah, donc oui, quand même, il y a un certain... Oui, vous parlez beaucoup quand même avec les gens. Ah oui, oui, bien sûr, je les connais tous. Ok. J'y connais tous. D'accord.
1:09:22
S…
Speaker 1 (entretien socio)
T'as des trucs ? Moi aussi de mon côté, j'ai posé toutes les questions que j'avais. Mais je veux vraiment que vous nous donniez une anecdote. Je cherche, je suis en train de chercher une anecdote. Je suis en train de chercher. Mais alors une anecdote, une vraie anecdote. Je sais pas, il est parti là. Il est parti.
1:09:49
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'est un copain qui est sur le marché aussi depuis très très longtemps, au moins 30 ans comme moi. Il est homosexuel, il s'habille d'une façon un peu farfelique.
1:10:02
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Une fois il est venu, il nous a fait tout un bordel, parce qu'il s'est fait éjecter de la commune de la Ligue.
1:10:10
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'était un habitué et il y a eu un changement de la direction et il en fait partie. Il en dit de ne plus revenir. Pourquoi ? Et là, je ne sais pas s'ils se sont gueulés sur je ne sais pas quoi. Et là, il a metté tout le marché là-dessus. C'est un peu l'éclaireur du quartier. Parce que même pendant les élections, il est venu pour faire campagne. Ah oui ?
1:10:41
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Et les gens l'écoutent ? Ils le prennent au sérieux ? Pardon ? Les gens le prennent beaucoup au sérieux ? Plus ou moins, ça défend. Surtout qu'il y a beaucoup de maghrébins. Quand on connaît un peu le rapport des maghrébins avec l'homosexualité, on suppose déjà ce qu'ils en pensent.
1:11:07
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Mais sinon, il y a eu des anecdotes sur des vols, sur des trucs comme ça, où marcher. Il y en a eu. Alors, parlez-moi de vous, alors, maintenant. C'est moi qui pose des questions. Ben, nous...
1:11:33
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Vous vous dirigez vers quoi ? Dans la vie ? Oui. En tout cas, je ne sais pas. En fait, nous, ça marche par spécialisation de plus en plus. Mais du coup, peut-être que je vais prendre de la sociologie et l'histoire. Et l'histoire. Oui, ça m'intéresse beaucoup. Et quoi ? Perso, la philo, c'est quelque chose de... La philo ? J'aime beaucoup, oui. Donc, peut-être.
1:11:58
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et quoi d'autre ? Oui, mais c'est un peu socio, d'ailleurs. C'est vrai qu'en termes d'ouverture professionnelle, après, la philo, c'est relativement réduit. Il n'y a plus que la recherche, je suis l'enseignement. Et on ne peut pas faire de la psychanalyse avec de la philo ?
1:12:13
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Pardon ? Pour faire de la psychanalyse, il faut faire de la philo, non ? Pas forcément, non. Ah non ? Pas forcément. C'est quoi comme étude, en fait ? Pardon ? Pour faire de la psychanalyse, il faut faire quoi, en fait, comme étude, avant ? De la psychanalyse. C'est tout ? Ah, c'est... Oui, la L1, c'est une spécialisation de la psychanalyse. De la psycho, quand même. Oui. De la psycho, quand même, ça aide énormément. Voilà. Et je sais que cette fin... En 2025, c'est très dur d'être psychologue, parce que c'est très sélectif et c'est très dur. Oui. C'est comme ça toujours ?
1:12:41
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'était comme ça aussi à votre... Non, non, non, à l'époque, parce que le statut de psychologue a beaucoup évolué. Dans les années 70, il y a eu un grand changement, parce qu'à l'époque, on n'était pas obligé de faire ce qu'on appelle maintenant un 2SS.
1:12:56
S…
Speaker 2 (entretien socio)
À l'époque, on était psychologues à partir de la maîtrise. Maintenant, il faut faire encore un 2SS pour être psychologue publicitaire. Alors, psychanalyse, il n'y a pas de diplôme psychanalyse. Non. En fait, non. L'école freudienne demandait un minimum de licence en psychologie. Voilà. Un minimum. Parce que, bon, psychologie, déjà...
1:13:23
S…
Speaker 2 (entretien socio)
On apprend le développement de l'enfant, le développement intellectuel, génétique aussi. Freud renvoie beaucoup à l'enfance, même dans ce qu'on appelle les stades freudiens, le stade anal, oral, sadical, génital. Donc ça renvoie déjà à l'enfance.
1:13:53
S…
Speaker 2 (entretien socio)
toute la psychanalyse freudienne était basée sur les problèmes de l'enfance, sur les traumatismes qui pouvaient arriver au moment de l'enfance. C'est vrai que le traumatisme, ça marque beaucoup.
1:14:14
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Pour Freud, c'est sexuel. Pour Freud, c'est essentiellement être sexuel. Mais bon, sexuel, ça peut être aussi le manque de sevrage, par exemple pour un bébé.
1:14:29
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Si on peut parler du principe du plaisir, on commence à parler de l'oralité. Donc le moment où l'enfant suce le sein de sa mère. C'est le seul plaisir qu'il a par rapport à la mère. Après c'est ce qu'on appelle le sadi canal, c'est le sadi où il commence à maîtriser ses sphincters. Donc il va faire dans le pot.
1:14:52
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Il ne fait pas n'importe où. Il fait dans le pot, après ses génitales, là c'est un problème sexuel comme on dit.
1:15:00
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Par exemple, pour ce qui est du stade syndical, la psychanalyse est très attachée à ce stade-là, parce qu'il y a toujours eu un certain tabou sur l'argent en psychanalyse, sur ce que perçoivent par exemple les psychanalystes. Il y a des séances de certains psychanalystes, comme la madame Rodinesco, Freudienne Amor et Lacanienne.
1:15:30
S…
Speaker 2 (entretien socio)
semble-t-il, d'après ce que j'ai entendu, on pouvait toucher jusqu'à l'équivalent de maintenant aller, on va dire...
1:15:41
S…
Speaker 1 (entretien socio)
500 euros par séance, ce qui est énorme. Je ne connais pas très bien ce métier, mais en tant que psychanalyste, vous avez fait des séances ? Moi, j'étais psychologue initial, pas psychanalyste. Ah non, mais c'était votre rêve. J'ai beaucoup fréquenté la psychanalyste parce que l'université où j'étais, ça a été le premier...
1:16:03
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Le premier cursus en psychanalyse dans une université. C'était à Paris-Vincennes, à Paris-Ville. Et là est venu Rodinesco avec cet imbécile de... Comment il s'appelle ? C'est le neveu d'ailleurs de Miller. Le fameux Miller qui était chez Rukier. Je ne sais pas si vous...
1:16:24
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Vous avez vu cette émission ? Il y a eu un psychanalyste à un moment chez Ruquier, ce mineur-là, qui est attaqué maintenant par plusieurs personnes, plusieurs femmes pour tentatives de viol, pour violer tout. C'est Gérard Miller, qui a été chez Ruquier pendant longtemps, dans son émission, je ne sais plus comment elle s'appelle.
1:16:46
S…
Speaker 2 (entretien socio)
On n'est pas couché ou je ne sais pas quoi, non ? C'est pas ça ? Si, si, mais après il en a fait plusieurs, donc je ne sais pas c'est à quelle réalité. Je crois que c'est que on n'est toujours pas couché ou un truc comme ça. Bon, maintenant il est parti de la télé, maintenant il est sous le coup d'une dizaine de plaintes en viol. Mais à l'époque, je me rappelle, on était à l'université, tout le monde savait ça.
1:17:11
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Tout le monde savait qu'au moment des inscriptions, il était là pour aller draguer les jeunes filles qui pouvaient s'inscrire. C'est horrible. Et de toute cette chose de la psychanalyse, est-ce que c'est des choses que vous pouvez parler avec des gens d'ici du marché ? Ou c'est des choses qui... pas forcément... Non. Il y en a un qui parle.
1:17:42
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'est celui qui vend des coquillages. Je ne sais pas si vous l'avez rencontré, qu'il y a une barbe blanche qui a des coquillages. Lui, c'est un intellectuel. Il est en train d'écrire un livre. Je me rappelle que je lui avais offert un livre sur les premiers peintres. En fait, c'était...
1:18:01
S…
Speaker 2 (entretien socio)
C'était les dessins, les inscriptions qui datent de la préhistoire, les grottes de Lascaux et tout. Il travaillait sur ça et je vais vous faire un livre sur ça. Et là, il vient de sortir le livre. Il est maraîcher et il écrit un livre ? Il est là, oui. Il est là, il vend des coquillages sur le marché, des pierres semi-précieuses sur le marché.
1:18:28
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et vous l'avez rencontré ici au marché ? Oui, je l'ai rencontré ici au marché. Est-ce qu'il y avait des gens que vous connaissiez avant qui ont eu envie de faire le marché parce que vous leur en aviez parlé ? Non. Ou toutes les personnes que vous connaissez ici, qui sont vos amis, vous les avez tous rencontrés ici en fait ? Non, non, je l'ai rencontré avant qu'ils soient vos rencontres, qu'ils devaient nous rencontrer. Ah oui, voilà, c'est ça que je voulais savoir.
1:18:50
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Ah oui ? Oui, oui. Et comment ils se sont rapprochés vers le marché ? Ils sont allés faire, comme moi, un statut d'entrepreneur. Ils ont demandé une carte. Ils se sont installés. Ah d'accord. Ils ont commencé un peu à récupérer à gauche, à droite. Oui. Et comment ça se passe quand on arrive pour la première fois dans le marché ?
1:19:16
S…
Speaker 1 (entretien socio)
tout de suite abasourdi par le fait qu'il y a beaucoup déjà de, on va dire, des petits liens entre les personnes. Est-ce que c'est facile de faire sa place quand on arrive pour la première fois à faire sa place ? Et comment ça marche ? Comment ça marche, ça ? Ça marche, c'est l'adaptation, on s'adapte. Est-ce que vous avez, pas une anecdote, mais quelque chose qui vous a peut-être marqué quand vous êtes installé pour la première fois ?
1:19:40
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Déjà, il y a les autres commerçants qui regardent un drôle d'air, déjà. Parce que pour eux, c'est un concurrent de plus. Et après, les gens commencent à se connaître et tout. Les rapports changent après. Et donc, est-ce que vous, personnellement, vous avez fait une démarche pour aller voir les personnes ?
1:20:00
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et leur dire, je me présente, je suis à Bannes, je vais faire ça, etc. Ou pas besoin ? Ou alors, est-ce que justement, ils ont pris connaissance de votre travail en s'informant auprès des clients ? Oui, moi c'est un peu particulier parce que tout le monde me connaissait déjà avant. Avant ? Avant que je commence avant. Pourquoi ? Parce que je venais tous les jours au marché, voir les gens, je leur achetais des vieilles chaudes.
1:20:24
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Ah, donc ça a été plutôt naturel en fait. Voilà, donc ils me connaissaient, oui. Oui. Oui, je suis appris à faire une étude de marché en quelque sorte. D'accord, oui. Voilà, leur dire que j'allais vendre des livres et tout, et voir nos réactions. Ah d'accord, il fallait quand même préparer le terrain quoi. Oui, préparer.
1:20:45
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et vous connaissez des gens avec qui ça s'est mal passé quand ils sont arrivés ? Non, les autres bons compteurs, c'est des amis, je les connais, qui vendaient des livres. On commençait un peu à tiquer. Tiens, tu vas vendre des livres. Mais moi, j'en vends et tout. Et après, quand ils ont vu que j'avais vraiment... Comment dire...
1:21:06
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Un créneau particulier, voilà, là ils n'ont pas eu peur. C'est pour ça que moi ça m'interroge à chaque fois que je vois tous les marchands de légumes. C'est exactement pareil, ceux qui doivent commencer ce négoce, ça doit être très difficile, non ? Ils ont leur clientèle, ils se forment leur petit monde. Mais c'est des mondes à part ou pas ?
1:21:34
S…
Speaker 1 (entretien socio)
plus ou moins mais quand même il y a une solidarité quand il y en a un qui manque de tomates il va chez l'autre pour prendre 2-3 casiers de tomates ah oui il y a quand même une solidarité
1:21:48
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Oui, il y a une grande solidarité. Moi, je les vois, des fois, ils viennent de là-bas, ils viennent prendre des tomates chez lui parce qu'il en a plus, ou des artichoux. Et eux, après, quand c'est fini le marché, ils font quoi, vous savez ou pas ? Chacun rentre chez lui, il va s'occuper de ses affaires. Normalement, ceux qui font de la brocante, ils devraient aller chercher...
1:22:14
S…
Speaker 1 (entretien socio)
voilà des choses nouvelles, soit faire des débarras, aller faire des débarras chez des gens. D'accord. Et ça vous est arrivé d'aider des personnes de la brocante à porter des choses ? Oui, oui.
1:22:28
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et est-ce que comme vous, ils ont à peu près la même histoire avec le marché ? Ah non, non, non. Non, c'est différent. Non, non, la plupart sont venus là pour travailler, déjà pour gagner de l'argent, pour gagner leur vie en fait. Il n'y a personne qui, comme vous, est plutôt à la retraite, a envie de faire quelque chose de son temps ? Non, à part celui dont vous avez parlé, là, oui.
1:22:53
S…
Speaker 1 (entretien socio)
à part lui parce qu'il est à la retraite, il touche bien sa vie et il fait comme moi, il vient de déballer le samedi dimanche seulement.
1:23:05
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et sur votre créneau spécifique, parce que du coup, comme vous avez dit, vous vendez vraiment des livres particuliers. Est-ce que c'est simplement parce que c'est ce qui vous intéresse ou aussi c'était pour éviter peut-être la concurrence avec les autres ? Non, non, non, c'est vraiment parce que ça m'intéresse. Oui, oui, ça m'intéresse. J'aime bien vendre des bouquins. J'aime bien vendre ces bouquins. Parce que des bouquins, il y en a des tonnes. Il y en a des tonnes. Et eux, ils viennent tous les jours ? Ils viennent tous les jours, oui.
1:23:33
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Et est-ce qu'il y a des jours particuliers pour eux où c'est plus facile de vendre ? C'est plutôt le dimanche, non ? Non, c'est tous les jours. Le week-end, bien sûr, il y a des demandes le week-end. Le week-end, ils font plus attention, ils mettent les belles choses qu'ils ont. Et le mardi, c'est le premier jour. Le mardi, ok. Là aussi, ils mettent des belles choses.
1:23:57
S…
Speaker 1 (entretien socio)
Bon, on a appris plein de belles choses. Merci beaucoup pour ce temps. Avec plaisir. Je vous ai promis. C'est promis. Vraiment, merci beaucoup pour votre temps. Avec plaisir. Ça a été un plaisir. Pour répondre à toutes les questions. On a plein de choses qu'on a apprises. Et voilà. Il y a des trous, vous m'appelez. N'hésitez pas. Merci beaucoup. Avec plaisir. Merci beaucoup. Et aussi pour le... Avec plaisir aussi. Vraiment, ça, c'est... Avec grand plaisir. Vous aurez passion. Avec grand plaisir.
1:24:25
S…
Speaker 2 (entretien socio)
Merci beaucoup.
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സാരാംശം
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