COURS-VANESSA_19.02
May 05, 2026 19:54
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Je récapitule comme on vient de faire l'exercice sur le vocabulaire de la recherche.
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
problématique donc le terme numéro 1 va avec la définition F hypothèse le terme numéro 2 va avec la définition J thèse le terme numéro 3 va avec la définition B état de l'art le terme numéro 4 va avec la définition H méthode le terme numéro 5 va avec
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
La définition C. Concept, le terme 6, va avec la définition G. Démonstration, le numéro 7, va avec E. Heuristique, numéro 8, va avec A. Empirique, numéro 9, va avec... Je ne le trouve plus.
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
le D oui tout à fait le D empirique donc 9 va avec D et théorique numéro 10 va avec I c'est bon pour tout le monde ok alors voilà ce qu'on va faire aujourd'hui on va finir sur le chapitre 2 donc pourquoi la recherche prend du temps pourquoi la science prend du temps et on va prendre un exemple concret là dessus on va prendre l'exemple du Covid
1:27
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
puisqu'on avait fini la dernière séance en disant, du coup, si la recherche et l'apprentissage prennent du temps, qu'est-ce qui se passe quand on ne laisse pas assez de temps à la recherche ? Et on va voir les résultats avec un exemple concret qui nous concerne assez directement. Et si on a le temps, on commencera le début du chapitre 3. Donc le chapitre 2 portait sur le temps, le chapitre 3 portera sur la curiosité.
1:50
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
La curiosité qui est une vertu épistémique, c'est une caractéristique qu'il est nécessaire d'avoir aussi bien pour faire de la recherche que pour apprendre.
2:05
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
donc on avait vu effectivement la dernière fois avec toutes ces étapes qui nous avaient quand même pris ça nous avait pris deux heures de voir toutes les étapes c'est pas rien et encore on était allé en accéléré parce que vous aviez entre guillemets grillé des étapes vous aviez pris de l'avance vous aviez anticipé des choses et on avait vu parfois il fallait faire des retours en arrière etc ça pouvait vraiment être fastidieux et laborieux
2:28
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et on avait vu aussi que ce temps était nécessaire à la dimension créative de la recherche. Et que Lahir disait que quand on perd cette créativité de la recherche, finalement on découvre moins de choses, on se contente d'appliquer des recettes préexistantes. D'où cette citation qu'on trouve page 13 du livre, la denrée la plus précieuse qui soit en matière de création scientifique et le temps.
2:59
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
et donc non seulement on va voir avec l'exemple du Covid que quand on n'a pas de temps ça peut avoir des conséquences dramatiques mais on va voir aussi que ce temps est précieux lorsqu'on est non pas chercheur mais élève lorsqu'on est apprenant donc souvenez-vous la thèse du livre de l'Aïr c'est l'idée selon laquelle la
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Recherche, le savoir, la production de connaissances, c'est un enjeu crucial pour l'humanité parce que c'est un enjeu de survie. Ce que dit Lahir, la thèse forte de son livre, la thèse qu'il défend, consiste à dire l'humanité ne fait pas de la science juste pour faire joli ou par amour de la science ou gratuitement, c'est sa survie qui est en jeu.
3:46
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Puisque nous vivons dans un environnement tellement complexe, tellement changeant, tellement artificiel, créé par nos mains, que nous avons besoin, pour survivre dans cet environnement, de produire des connaissances. Et sans ces connaissances, nous risquons de perdre nos capacités d'adaptation et donc de ne pas survivre. Et effectivement, c'est particulièrement...
4:14
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
évident dans le cas des recherches en médecine, des recherches en biologie, d'où le fait que je prenne, mais Lahir le fait aussi, l'exemple du Covid-19.
4:25
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc avant d'en venir à notre cher Covid-19, petit rappel sur les virus puisque comme promis, on profite de ce cours pour faire des petites révisions pour le concours et en particulier en sciences tant qu'à faire. Donc je suis allée me plonger dans le programme cycle 4 et je suis allée voir un petit peu ce qui était attendu de vous en SVT, notamment sur...
4:53
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
les agents pathogènes et donc tout ce que je vais vous demander ici
5:00
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
partie de ces attendus. Donc, petit moment de révision, les virus. Bim, comme ça, le jeudi à 8h40. Première question que je vous pose, quelle est la différence entre un virus et une bactérie ? Cycle 4, ça peut tomber. Alors, oui ?
5:31
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Première différence fondamentale, la bactérie est un être vivant. Tout à fait, le virus n'est pas vivant. C'est considéré comme inerte ou à la limite du vivant. Oui, c'est une première différence.
6:01
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Alors effectivement, il y a des bactéries qui sont pathogènes, mais il y a aussi énormément de bactéries qui ne le sont pas et qui font même partie de notre équilibre organique. Le microbiote, c'est par exemple dans nos intestins, il y a tout un tas de bactéries sans lesquelles on ne pourrait tout simplement pas digérer. Alors par contre, souvent on dit que les bactéries, ça peut être gentil, alors que les virus, c'est forcément méchant. En fait, les recherches récentes montrent qu'on a aussi...
6:24
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Si je ne me trompe pas, le terme, c'est un viriote. Je vais vérifier. À savoir qu'on a aussi en nous des virus qui ne sont pas pathogènes. Mais effectivement, ce qui est clair, c'est que pour les bactéries, c'est tout à fait juste. Elles ne sont pas toutes pathogènes, loin de là. Je vais regarder si c'est bien viriote le terme. Non, c'est le viriome alors ? C'est le quoi ? C'est le viriome, pardon.
6:55
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Voilà. En fait, le virium, c'est la teneur de virus qu'il y a dans un environnement. Et il semblerait que nous ayons aussi notre petit virium, mais ça, c'est vraiment les recherches très récentes. Donc, effectivement, nous contenons...
7:12
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
des bactéries qui nous servent, qui nous protègent, qui contribuent à faire travailler notre métabolisme. On en consomme même, d'ailleurs, regardez dans les yaourts, vous avez un certain nombre de bactéries qui peuvent faciliter certains processus physiologiques, la digestion étant le meilleur exemple. Donc, microbiome...
7:41
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
qu'on a en nous. Ok, quoi d'autre ? Oui, absolument, ça c'est vraiment peut-être, on va dire, la différence la plus fondamentale, c'est que la bactérie, elle, est autonome, c'est-à-dire la bactérie, c'est un petit être qui...
8:08
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
vit, qui prend des éléments dans son environnement, qui se multiplie, etc. Enfin, elle vit sa vie. Tandis que le virus, lui, ne peut exister sans...
8:24
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
parasiter pour le coup un être vivant et ne peut exister plus exactement sans parasiter des cellules vivantes il n'est pas autonome c'est pour ça d'ailleurs qu'on dit qu'il n'est pas vivant c'est qu'en fait le virus entre guillemets tout seul il n'a pas les caractéristiques du vivant comme notamment la reproduction il a vraiment besoin effectivement d'autres choses que lui pour
8:50
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Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
mettre en place ce mécanisme de multiplication. Donc il y a un point que vous n'avez pas évoqué mais à la limite c'était le moins important. On peut prendre trois grandes différences entre virus et bactéries. Je commence par celle du bas parce que je commence par la plus importante. En termes de fonctionnement, les bactéries sont autonomes.
9:15
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est comme vous, c'est des êtres vivants, elles vivent, elles utilisent des ressources, elles se « nourrissent », elles se multiplient, tandis que les virus ne peuvent pas persister seuls. Deuxièmement, les bactéries sont vivantes alors que les virus ne le sont pas, et ça a un impact d'ailleurs.
9:38
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Sur leur structure, une bactérie, c'est une cellule. C'est une cellule vivante. C'est une cellule, en l'occurrence, prokaryote. Je vais y revenir. Tandis que les virus, ce n'est pas des cellules. Les virus, c'est un amas d'éléments. En gros, c'est quoi ? Sachant qu'ils sont différents les uns des autres, ils n'ont pas forcément la même forme.
10:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Mais ce qu'ils ont en commun, c'est des paquets qui ont au moins du matériel génétique, ça peut être de l'ARN par exemple, et des protéines.
10:12
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Ce qu'on appelle des capsides. Ça c'est vraiment la caractéristique des virus. Et quand ce paquet qui mélange matériel génétique et capside rencontre une cellule, et bien là il va se passer quelque chose, on va le voir tout à l'heure. Et l'autre différence aussi sur laquelle on peut insister, en tout cas de ce que j'ai vu des manuels de SVT que j'ai empruntés, ils insistent là-dessus alors que c'est pas une différence forcément très pertinente, c'est la taille.
10:41
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
En général, les bactéries sont bien plus grosses que les virus. Je dis bien en général, puisque déjà il y a des virus qui sont des virus géants, notamment un virus qui s'appelle mimivirus. Mimivirus, malgré son nom mignon, est un virus géant, qui est aussi gros que la plupart des bactéries. Et certaines bactéries sont microscopiques, donc elles sont vraiment très petites par rapport aux autres. Donc en fait...
11:10
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est vraiment en général. En général, un virus est plus petit qu'une bactérie. Alors, deux questions. Je dis que l'échelle de la plupart des bactéries, c'est le micromètre, tandis que l'échelle de la plupart des virus, c'est le dixième de micromètre. Donc, sauf mimivirus. Mimivirus, c'est plus gros que ça. Entre autres. Micromètre, ça veut dire quoi ? C'est quoi l'unité de mesure ? Du coup, ça correspond à quoi ? Non, personne. Hein ?
11:46
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Ouais, donc si vous deviez diviser un mètre pour avoir un micromètre. Ah oui, d'accord. Très bien. Je divise un mètre par combien pour avoir un micromètre ? Ouais, pardon ? Non. Bon, la réponse est sur la diapositive suivante. Comme il y a une autre réponse, je passe pas à la diapositive suivante. Prokaryote ! Ça veut dire quoi, prokaryote ? Oui.
12:29
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Une cellule qui n'a pas de noyau, tout à fait. Non, en liberté. Effectivement, cellules prokaryotes, cellules sans noyau. Donc effectivement, les bactéries sont des cellules sans noyau. Donc le matériel génétique n'est pas localisé dans le noyau. Ce qui s'oppose à cellules prokaryotes avec noyau. Ok, donc voilà, j'arrête de vous torturer. Un micromètre, un millionième de mètre prokaryote.
13:02
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Contrairement à Eucaryotes, pas de noyaux dans la cellule. Ok, très bien. On va rentrer un peu plus dans le détail du fonctionnement des virus maintenant.
13:15
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Pourquoi peut-on qualifier les virus de parasites ? Donc vous l'avez déjà un peu dit, c'est parce qu'un virus ne peut pas persister et se multiplier tout seul. Mais concrètement, il se passe quoi ? Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer grossièrement ce qui se passe quand un virus rencontre une cellule ? Allez-y. Si, ça t'a... Oui, c'est... Ouais.
13:50
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Oui, je répète ce qu'a dit votre collègue, le virus s'attache, s'accroche à la cellule, on prend le contrôle, c'est un peu ça, et en fait, ce qui est important, c'est qu'il va surtout prendre le contrôle du mécanisme de reproduction, de multiplication de la cellule, qui va faire que, qu'est-ce qu'elle va faire cette cellule ? Elle va multiplier quoi ? Elle va multiplier des virus, ouais.
14:22
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Oui, c'est le moins qu'on puisse dire. Effectivement, c'est un parasite au sens où la cellule lui sert, mais il ne sert pas la cellule. Est-ce que vous vouliez rajouter peut-être une...
14:38
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Quelque chose ? Non, c'était la même chose. Donc effectivement, c'est d'ailleurs pour ça qu'on utilise la métaphore du virus informatique. C'est qu'en fait, le virus va détourner le système de multiplication, de reproduction de la cellule à son propre profit. Donc en fait, la cellule, elle va faire...
15:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Au lieu de se mettre à produire d'autres cellules, elle va produire d'autres virus. Et en général, à la fin, qu'est-ce qui se passe pour cette pauvre cellule ? En général, elle explose. Voilà. Non, vraiment, elle explose.
15:15
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc effectivement, les virus sont des parasites parce qu'en fait, ils passent leur temps à voyager d'un être vivant à un autre. Et pour cause, ils ont besoin d'utiliser la machinerie des cellules pour persister et pour se multiplier. Donc s'ils n'infectent pas des cellules, ils ne peuvent pas se reproduire. C'est pour ça que ce n'est pas la même chose qu'une bactérie. Une bactérie, elle peut se reproduire entre guillemets toute seule. Petit... Petit...
15:48
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Point de vocabulaire, une virus ne peut se reproduire qu'en infectant une cellule qui est alors appelée cellule comment ? Comment on appelle la cellule qui, malgré elle, abrite le virus ? C'est la cellule haute, tout à fait. Donc le virus ne peut se reproduire qu'en infectant une cellule appelée la cellule haute. Dès son infection, cette cellule est asservie à la production exclusive de virus.
16:19
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc là, non seulement elle fait le travail pour lui, mais elle ne fait même plus le travail pour elle. Elle ne se multiplie plus, elle ne multiplie que le virus. Et quand elle arrive au bout, la cellule haute éclate et les virus vont aller infecter de nouvelles cellules. Ok ?
16:45
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Petit point de précision, comment est-ce que ça fonctionne ? Donc je vous l'ai dit, le virus, enfin ce qu'ont en commun tous les virus, c'est qu'ils ont à la fois du matériel génétique et à la fois des capsides. Donc en fait ce matériel génétique, c'est un peu...
17:02
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
c'est un peu le une sorte de hacking c'est à dire que le matériel génétique du virus va venir en fait hacker remplacer le matériel génétique cellulaire et la cellule va venir en fait
17:19
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
se baser sur le matériel génétique le programme génétique du virus pour enclencher la reproduction c'est pour ça qu'en fait ce qu'elle va faire c'est que au lieu de lire son propre matériel génétique pour se reproduire elle va lire celui du virus et elle va produire des petits virus
17:39
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est d'où la métaphore, c'est ce que je disais tout à l'heure, du virus informatique. C'est-à-dire qu'en fait, le virus informatique, il fait quoi ? Il fait la même chose, d'où son nom. Il fait lire un programme qui est le sien au lieu du programme normal du logiciel afin de prendre le contrôle du logiciel. Donc là, c'est pareil. Le virus, il arrive et il dit tiens...
18:05
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Plutôt que de produire X produit Y, et Y c'est lui, et la cellule produit tout un tas de petits virus. Donc vous avez les étapes.
18:22
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Enfin, c'est très schématique parce que selon les virus, on a de l'ADN ou de l'ARN. Selon s'il infecte une cellule eukaryote ou prokaryote, c'est pas la même chose. Mais ce principe fondamental qui s'appelle le transfert viral est valable pour tous les virus. Ok. Troisième question. Pareil, c'est au programme. Comment fonctionne un vaccin ? Si vous deviez m'expliquer ça comme si j'avais 6 ans. Comment ça fonctionne un vaccin ? Oui ?
19:13
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Ok, c'est juste. Je ne sais pas ce que vient de dire votre collègue. On injecte une partie de la bactérie. Alors en fait, ce n'est pas forcément que des bactéries. D'ailleurs, il y a des vaccins contre des virus. On injecte une partie ou en tout cas une version de l'agent pathogène. Ça peut être un morceau, ça peut être l'agent affaibli. On injecte une version affaiblie de l'agent pathogène pour que le corps se mette à le combattre.
19:42
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et que lorsque, plus tard, le véritable agent pathogène se présentera au corps, il combattra plus efficacement. Alors du coup, c'est très juste. Ma question, c'est pourquoi est-ce qu'il va combattre plus efficacement ? Qu'est-ce qui fait que finalement, il va combattre plus efficacement que s'il n'avait pas eu de vaccin ?
20:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Oui. Oui. Donc effectivement, il va mieux combattre. Mieux, ça veut dire qu'il va combattre plus fortement. C'est-à-dire qu'il va produire plus une réponse immunitaire plus forte et surtout plus rapidement. La réponse immunitaire va être plus rapide. Et donc, vous avez parlé d'anticorps. C'est quoi cette histoire d'anticorps ? Pourquoi est-ce que la réponse est plus forte et plus rapide que si c'était la première fois de sa vie qu'il rencontrait le pathogène ? Qu'est-ce qui se passe dans le corps ? Oui. Oui. Oui.
20:55
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Tout à fait. Donc effectivement, le mot est important, il y a une mémoire immunitaire. C'est-à-dire que quand vous êtes infecté par quelque chose, le corps, quand il combat, c'est pas après il oublie. Non, non, non. Il garde en mémoire un certain temps, justement, le passage de ce pathogène. Il a produit un certain nombre de lymphocytes et d'anticorps pour le combattre, et ça, il le garde quelque part, au cas où.
21:25
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Pas indéfiniment, d'où le fait qu'on doit faire des rappels de vaccins notamment, mais il le garde en mémoire et qui dit mémoire dit réaction plus rapide et plus forte le jour où cette mémoire s'active. Donc effectivement, lorsqu'un agent pathogène entre dans un organisme, l'organisme déclenche une réponse immunitaire pour se défendre.
21:48
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
ce qu'on appelle l'obule blanc, les lymphocytes, ainsi que des anticorps, ils gardent cette réponse immunitaire en mémoire, ce qui fait que si le même virus, par exemple, se présente ou la même bactérie, la réponse sera plus rapide et plus forte. Donc si on devait définir de façon la plus générale possible un vaccin, un vaccin c'est une préparation qu'on doit administrer.
22:13
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
à un être vivant afin de stimuler les réponses immunitaires et de fabriquer une mémoire immunitaire. Alors bien sûr, stimuler les réponses immunitaires, ça ne veut pas dire rendre malade la personne, d'où ce que disait votre collègue. C'est soit un morceau, soit une version inactive, soit une version affaiblie de l'agent pathogène pour que l'organisme fabrique des défenses immunitaires sans vraiment tomber malade. On ne va pas vous refiler le virus du tétanos, par exemple. D'ailleurs, ce n'est pas un virus, ce tétanos, non ?
22:43
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est un virus ou une bactérie ? Qu'est-ce que quelqu'un le sait ? Hum ? Ouais, moi aussi, c'est ce que je suis en train de me dire. En disant virus du tétano, ça a fait tilt et je me suis dit non, non, non, c'est pas ça.
22:59
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est une bactérie, voilà. La bactérie qui s'appelle Clostridium tétanique, pour information. Et donc, vous voyez, si on vous vaccine le tétanos, on ne va pas vous filer Clostridium tétanique en pleine forme dans le corps, sinon vous allez juste tomber malade et avoir le tétanos. Non, on va vous en donner une version affaiblie. Petit schéma.
23:22
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Introduction du microbe inactif. Le microbe inactif, on le voit là, il est vert. Le corps produit des anticorps, donc je suis vaccinée. Et si le vrai microbe actif rentre dans le corps, il est reconnu par des anticorps qui le neutralisent. La maladie ne se développe pas. Sachant que...
23:42
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Vous le savez, les pathogènes sont en général des familles de pathogènes. Donc si je suis vaccinée contre un pathogène et qu'il y a un pathogène qui lui ressemble, qui se présente, ce ne sera pas aussi efficace que si c'était exactement le même, mais ça va quand même.
24:01
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
renforcer et accélérer la réponse immunitaire. C'est pour ça qu'on vous dit, voilà, le vaccin contre la grippe, si ça se trouve, ça ne va pas être exactement le même virus de la grippe qui va se présenter cet hiver que celui contre lequel vous êtes vacciné. Néanmoins, étant donné qu'il y a quand même une parenté entre ces virus, notamment leur forme, leur capside, justement, la forme de leur protéine, etc., ressemble, ça aura quand même un effet. Voilà, donc !
24:29
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est ok pour tout le monde le vaccin ? Petite révision, bactéries, virus, virus parasites, le vaccin c'est bon, très bien. Un petit peu de bio pour commencer, c'est très bien. Donc maintenant on va parler du Covid, d'où cette introduction sur les virus. Et nous allons en particulier nous intéresser à un chercheur qui est le professeur Bruno Canard, qui est un virologue ou virologiste, c'est-à-dire que sa spécialité c'est les virus.
25:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et en particulier, son laboratoire avait pour spécialité de faire des recherches sur la famille des coronavirus. Donc famille des coronavirus qui est donc la famille à laquelle appartenait le fameux virus du Covid-19, de la pandémie de Covid-19. Donc là, ce que je vais vous dire, je vous ai indiqué les sources.
25:33
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc Bruno Canard, au moment de la pandémie Covid-19, a beaucoup été...
25:41
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
beaucoup parlé dans les médias de ses recherches et notamment du fait que selon lui beaucoup de temps avait été perdu dans la recherche sur le coronavirus et que beaucoup de temps avait été perdu précisément parce que eh bien les pouvoirs publics ont
26:08
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
n'ont pas compris que pour pouvoir développer des recherches et des vaccins contre ce genre de virus, il faut laisser du temps aux chercheurs, que ça prend des années et des années, et qu'on ne trouve pas ça du jour au lendemain. Donc, je vais en particulier vous lire des passages d'un texte que, si vous voulez l'avoir sous les yeux, vous pouvez scanner le QR code qui est là. C'est un texte qui s'intitule « Le coronavirus, la recherche et le temps long ».
26:40
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
qui est paru en 2021, donc vraiment un an après le début de la pandémie. Et Bruno Canard explique ce qui s'est passé, ce qui s'est passé dans les années qui ont précédé la pandémie et pourquoi ça a été dramatique justement le jour où cette pandémie nous est tombée dessus. Donc ce qu'il explique, Bruno Canard, c'est que...
27:06
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Le problème aujourd'hui en France c'est que la recherche est organisée sur un temps court.
27:14
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
En gros, je schématise énormément, mais pour vous dire comment ça se passe, c'est valable pour Bruno Canard et son laboratoire, mais c'est aussi valable pour mon laboratoire ici à Montpellier, celui de Sylvain Connac, celui de mes collègues ici. En fait, on est dans un laboratoire, on est rattaché à un laboratoire, et pour faire nos recherches, en général, on a besoin d'un peu de sous.
27:42
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Ça va être soit pour acheter du matériel, soit pour, souvenez-vous, pour payer des déplacements. Typiquement, quand vous faites un terrain en Finlande, il faut bien payer le billet d'avions pour aller en Finlande, etc. Pour publier des ouvrages aussi, les éditeurs ont besoin d'argent pour publier les ouvrages scientifiques, parce que comme ça ne se vend pas à des milliers d'exemplaires, il faut les soutenir financièrement. Bref, on a besoin d'argent.
28:07
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et bien sûr, plus c'est des recherches où il y a du gros matériel, où il y a des instruments très techniques, plus il y a besoin d'argent. Typiquement, un laboratoire de microbiologie a besoin de beaucoup plus d'argent qu'un laboratoire de philosophie. En philo, on n'a pas besoin de machines qui coûtent parfois des millions.
28:32
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc, on a besoin d'argent, et comment cet argent, d'où arrive cet argent, comment est-ce qu'il est donné ? En gros, auparavant, jusqu'aux années 90, l'État donnait une somme au laboratoire, une somme assez conséquente, et il disait, voilà, pour un an, vous avez cette somme, à vous de voir ce dont vous avez besoin et de la dépenser.
28:56
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Enfin, comme il vous semble le plus intelligent de le faire. Donc, vous êtes dans un laboratoire, mettons, vous avez 150 chercheurs. Vous dites, voilà, cette année, on a une somme, je vais dire, n'importe quoi de 500 000 euros. Qui a besoin de quoi ?
29:11
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc chaque chercheur dit, moi j'aurais besoin d'autant d'argent pour acheter des nouveaux microscopes, moi j'ai besoin d'argent pour avoir un contrat, pour engager quelqu'un pendant un an et demi, un post-doctorat par exemple pour faire une recherche sur tel point, etc. Puis à partir des années 90, ça a changé, à partir de 1990, on a commencé à dire...
29:34
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
On donne trop d'argent au laboratoire. Ce qu'il faut, c'est qu'ils aillent chercher l'argent eux-mêmes et qu'ils justifient davantage l'argent dont ils ont besoin. Donc, ce qui s'est passé, c'est que l'État a donné moins d'argent au laboratoire et leur a dit, si vous voulez plus d'argent, si vous voulez compléter le budget qu'on vous donne, il va falloir répondre à des appels à propos.
30:01
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
donc ça veut dire quoi ça veut dire que dans le laboratoire maintenant les chercheurs on leur dit écoutez si vous voulez avoir ce que vous voulez il faut vous pouvez pas compter que sur le budget du laboratoire il faut répondre à des appels à projets les appels à projets c'est quoi c'est vous faites une candidature souvent c'est des dossiers qui font plusieurs dizaines de pages vous faites un appel à candidature et vous dites bonjour voilà nous sommes telle équipe nous avons tel et tel besoin et nous avons besoin de
30:30
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
15 000 euros, 50 000 euros, 100 000 euros. Et donc, tous les ans, il y a des candidatures qui sont ouvertes. Vous, vous proposez votre petit projet et vous attendez six mois de voir si vous avez décroché le gros lot ou pas. Donc, ça fait qu'en fait, maintenant, ça a plusieurs conséquences. Premièrement, les chercheurs doivent consacrer une grosse partie de leur temps, non pas à faire des recherches.
30:59
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
mais à répondre à des appels à projets. C'est-à-dire qu'il y a tout un temps où ils ne sont plus devant leur microscope, sur le terrain à faire des enquêtes, en bibliothèque, ils sont là sur leur ordinateur à remplir des demandes de candidatures. Ça prend du temps. Ensuite, ils ne sont pas assurés de les obtenir. C'est même très rare.
31:24
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Pour vous donner une idée, moi, ça fait deux ans que je demande de l'argent, que je remplis un appel à projet auprès de Miranda pour avoir des sous pour des recherches avec des collègues. Ça fait deux ans qu'on l'a pas. Voilà, ça fait deux ans qu'on se fait retoquer. Bon, il s'avère que ça va, c'est pas catastrophique parce qu'il y a...
31:49
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Trois ans, j'avais fait un appel à projet avec deux autres collègues qui ont rapporté énormément d'argent et on a encore cet argent-là. Mais vous voyez, on est tout le temps en train de se dire, où est-ce qu'on va trouver les sous pour l'année prochaine, pour l'année d'après, pour dans cinq ans, etc. Donc on passe énormément de temps à chercher de l'argent, on n'en trouve pas toujours. Et en plus, dernier point, et ça vous allez voir, c'est très important, cet argent, on nous demande de le dépenser très vite.
32:16
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est-à-dire que c'est pas on vous donne 100 000 euros et puis on vous dit bon ben maintenant vous le dépensez quand vous voulez. On vous dit 100 000 euros mais dans un an il faut qu'il soit dépensé et dans un an il faut qu'on ait un bilan de ce que vous en avez fait. Ou parfois c'est dans 3 ans et dans le meilleur des cas c'est dans 4 ans. Quand ils sont vraiment généraux ils vous donnent de l'argent et puis ils disent bon vous avez 4 ans pour le dépenser et dans 4 ans vous nous faites un compte rendu.
32:42
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Mais vous imaginez 4 ans, ce que c'est ? C'est rien à l'échelle de la recherche. C'est rien quand il faut recruter des post-doctorants, recruter des doctorants, acheter du matériel, faire un plan de recherche. C'est rien du tout. Ça va très très vite. Je vous donne un exemple. Moi, je suis co-responsable d'un projet qu'on appelle un projet ANR. C'est ce fameux projet. En gros, c'est ce que tous les chercheurs cherchent à décrocher parce que c'est là où il y a le plus d'argent et c'est là où on a le plus de temps pour le dépenser. C'est 4 ans.
33:12
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Avec des collègues, on a décroché un projet ANR il y a quelques années pour lequel on a obtenu 350 000 euros. On a 4 ans pour dépenser les 350 000 euros. Donc en 4 ans, il a fallu qu'on recrute 3 post-doctorants, donc 3 CDD d'un an et demi. Il a fallu qu'on mette en place une équipe d'une trentaine de chercheurs et chercheuses. Il a fallu qu'on lance 3 terrains différents. Vous voyez, on court contre la montre.
33:41
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
À un moment donné, on devait recruter quelqu'un, on a classé trois personnes, et en fait, ces trois personnes ont eu des postes ailleurs, donc on n'a pas pu les recruter. Il a fallu vite, vite, vite, vite trouver quelqu'un d'autre. Vous voyez, on est dans la précipitation. Et surtout, en quatre ans, on ne peut pas faire grand-chose. Typiquement, les personnes qu'on a recrutées pour faire des recherches, qui sont donc des postes doctorants, les pauvres, elles sont trois, elles ont un an et demi pour faire leur recherche.
34:08
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
J'en ai une, sa recherche, celle dont je suis l'encadrante plus particulièrement, sa recherche, c'est sur les VARS et sur comment est-ce qu'on apprend le consentement à l'école. Vous voyez, c'est quand même une grosse question. En plus, elle doit s'occuper du primaire, du collège, du lycée. C'est une grosse question de voir quelles sont les méthodes pédagogiques et didactiques pour parler du consentement. Elle a un an et demi, pas plus.
34:35
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Un an et demi pour aller faire tous les terrains, écrire deux livres. Donc on n'a pas de temps, on passe beaucoup de temps à chercher de l'argent et en plus il faut le dépenser vite. Et ce que dit Bruno Canard, pour revenir à lui, c'est que ça en fait c'est catastrophique pour nous. C'est catastrophique parce que ce temps de la recherche qui est raccourci et qui est effréné...
35:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
qui est dictée par la recherche d'argent, nous empêche de faire des recherches longues, approfondies et précises. Or, pour plein de choses, on a besoin d'accumuler du savoir, on a besoin d'accumuler des compétences, et on ne peut pas faire ça en 1, 2, 3 ou 4 ans. Et il donne un exemple concret, il dit voilà, nous on était...
35:30
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Dans mon équipe, on est spécialiste des coronavirus. Et en particulier, on étudie un virus qui s'appelle le SARS-CoV-2, qui est très très proche du virus de la pandémie de Covid-19. Donc en fait, on l'étudiait depuis 2006. Depuis 2006, on avait en fait découvert une enzyme hyper importante dans les coronavirus. Et on s'est dit, tiens...
36:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
cette enzyme, elle va nous permettre de mieux comprendre le virus, il faut qu'on approfondisse nos recherches. Donc qu'est-ce qu'on a fait ? On a fait quatre demandes à l'Agence nationale de la recherche, donc l'ANR, pour avoir des financements. Donc c'est ce dont je vous parlais, c'est ce que nous on a obtenu sur le consentement, nous on en a décroché un, eux ils en ont demandé quatre, ils en ont décroché zéro.
36:23
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Ils ont demandé 4 en disant qu'on a besoin d'étudier l'évolution de SARS-CoV-2, parce que SARS-CoV-2, qui a été découvert depuis 2003 et dont on a découvert une enzyme particulière depuis 2006,
36:42
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Il faut qu'on l'étudie plus particulièrement parce que c'est des virus qui peuvent être dangereux et c'est des virus qui pourraient donner lieu à des pandémies mondiales. Donc il l'avait prévu 15 ans avant. 15 ans avant, il s'était dit, c'est le genre de virus respiratoire qui peut provoquer une pandémie mondiale, il faut qu'on fasse des recherches dessus. 4 demandes de financement, 0 financement.
37:05
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc c'est ce qu'il dit, je cite, le taux de sélection très bas de ces projets, le peu d'attention portée sur ces virus pas encore médiatiques, le manque de temps des évaluateurs, explique qu'il a fallu attendre octobre 2020, donc ils ont fait la demande quand même en 2006, il a fallu attendre octobre 2020 pour avoir une réponse positive autorisant l'investigation de ces phénomènes. Donc en fait pendant 14 ans,
37:33
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
On les a ignorés, on leur a dit non mais on va pas vous donner de l'argent pour ce truc, on s'en fiche. Puis en 2020, quand a commencé la pandémie en Chine, on leur a dit au fait vous êtes toujours partant pour étudier le virus parce que finalement on a de l'argent. Mais sauf qu'en octobre 2020, c'était trop tard en fait, c'était beaucoup trop tard, on était déjà en pleine pandémie.
37:55
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et donc, ce que dit Bruno Canard, c'est, vous imaginez bien, un virus comme le SARS-CoV-2
38:04
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
il a un génome avec 30 000 nucléotides. Donc vous savez, je parenthèse encore de SVT, comment ça se présente le matériel génétique, l'ADN, donc vous, dans votre corps, il y a des cellules, dans ces cellules, il y a un noyau, dans ce noyau, il y a des chromosomes, et ces chromosomes, c'est en fait de l'ADN entortillé. D'ailleurs, si on le déplie, c'est tellement long que si on le déplie, ça se voit même à l'œil nu.
38:32
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et cet ADN, vous le savez, c'est des séries de nucléotides qu'en général on représente par des lettres. On dit, c'est ATGC. Vous savez, ATGC, ATGC, GATC dans différents ordres. Et cet ordre, c'est votre programme génétique. Donc en fait, des fois, on isole un certain bout, un petit bout, et ce petit bout, c'est un gène.
38:55
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Bon ben les virus c'est pareil, ils ont du matériel génétique, ils ont des nucléotides, donc eux c'est AUGC, et lui le SARS-CoV-2 il en avait 30 000, 30 000 nucléotides. Et Bruno Canard dit mais pour étudier les 30 000 nucléotides, les 30 000 lettres qui se succèdent, on peut pas le faire en deux mois.
39:16
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est énorme pour pouvoir isoler ce qui est un gène, ce qui n'en est pas un, ce qui sécrète une enzyme, ce qui n'en sécrète pas. On ne pouvait pas faire ça en 6 mois. Il aurait fallu le faire en 2006, quand on l'a demandé. Si on avait commencé à faire en 2006, en 2020, on aurait eu des éléments pour combattre le virus. Et là, on ne les a pas eus. Donc, ce qu'ils disent, c'est que notre projet, c'était de comprendre comment le virus se protégeait.
39:44
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
comment son enveloppe protectrice lui permettait d'être robuste dans son voyage. Parce que si on arrive à comprendre comment il est robuste, on arrive à comprendre comment on arrive à s'en protéger. Sauf qu'on n'a pas pu puisqu'on n'a pas eu l'argent.
40:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc, ce que Bouludo Canard disait dans les médias, il était très en colère à ce sujet en 2020, c'est, eh bien, voilà où ça mène. Voilà où ça mène de ne pas laisser le temps aux chercheurs. Voilà où ça mène de dire, vous avez 4 ans pour faire cette recherche. Ça mène qu'en 2020, on se retrouve avec une pandémie pour des virus dont on connaissait la famille depuis pratiquement 20 ans.
40:27
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et pour lequel, eh bien, vous ne nous avez pas donné d'argent. Alors bien sûr, en 2020, le laboratoire de Bruno Canard, il a été arrosé d'argent. En 2020, ils ont vu l'argent affluer de toutes parts. L'État a dit, on fait des projets flash pour lesquels on vous donne beaucoup d'argent très vite. Mais en fait, il vaut mieux avoir un peu moins d'argent sur 20 ans plutôt que beaucoup d'argent sur un an. Parce qu'en fait, vous savez, c'est...
40:56
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est comme la boutade qui dit, un manager c'est quelqu'un qui vous dit peut-être que vu qu'une femme fait un bébé en neuf mois, si on met neuf femmes, eh bien on aura le bébé en un mois. C'est pas comme ça que ça marche en fait, c'est-à-dire qu'il y a des choses qui sont incompressibles. Ah oui, je vous avais mis un petit schéma de...
41:23
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
du matériel génétique. Donc, vous voyez, ça, c'est les nucléotides. Donc, CGAT dans l'ADN, CGAU dans l'ARN. Et donc, ces nucléotides, ils sont 30 000 sur le SARS-CoV-2. Donc, vous imaginez bien que ce n'est pas comme ça qu'on les étudie. Je lis la fin de ce texte de Bruno Canard. Je vous le lis à voix haute. Vous n'avez pas besoin de prendre en note puisque le texte est sur Moodle.
41:55
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Ce processus paraît sûrement bien long à la majorité des gens lors d'une crise sanitaire. Mais il faut prendre la mesure de son épaisseur pour mieux comprendre la recherche. Par exemple, celle qui conduit, au bout d'une séquence d'une dizaine d'années, à la conception d'un médicament ou d'un vaccin.
42:14
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Sachant que la réduction de cette durée, pour le traitement de la COVID-19 par exemple, n'est possible que si l'on s'appuie sur des médicaments déjà existants, eux-mêmes tributaires de longs processus de recherche. Dans ce contexte, vouloir redonner de la valeur au temps long en matière de recherche publique implique un aveu bienvenu, laissant entendre que le temps court a peut-être un peu trop pris le pas sur le temps long.
42:39
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Mais les chercheurs attendent davantage une véritable réorientation en ce sens des politiques de recherche. Donc là je vous ai lu un texte qui est paru dans une revue scientifique, Le coronavirus, la recherche, le temps long. Si ça vous intéresse, je vous ai mis le lien vers un autre texte qu'il a publié cette fois sur un blog, qui est un peu plus véhément, un peu plus énervé dans le ton, où il...
43:12
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Il explique qu'il est dégoûté en fait. Il explique qu'il est dégoûté. Donc c'est même triste à lire en fait. Il explique que...
43:26
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Il avait vraiment averti à plusieurs reprises les pouvoirs publics qu'il y allait avoir certainement une pandémie. Il avait même écrit à la Commission européenne pour dire qu'il y avait des virus émergents dont il fallait se méfier. Et entre temps, le virus Zika, je ne sais pas si vous vous en souvenez, était apparu. Mais ça n'a pas fait bouger les choses. Les pouvoirs publics n'ont pas réagi. Et là, il dit...
43:54
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
J'ai pensé à tous les dossiers que j'ai évalués. J'ai pensé à tous les papiers que j'ai revus pour publication. Je me suis demandé si quelqu'un lisait mes rapports. J'ai repensé aux deux congés de maternité et aux deux congés maladie non remplacés. J'ai pensé au pot de départ, aux retraites, aux gens qui n'avaient pas été en remplacés. J'ai pensé aux 11 ans de CDD de Sophia, ingénieur de recherche qui ne pouvait pas louer un appartement sans CDI, ni faire un emprunt à la banque. Parce que c'est ça, des fois, vous avez des gens qui travaillent dans les laboratoires.
44:23
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et pendant 11 ans, on leur offre CDD sur CDD sur CDD. J'ai pensé au courage de Pedro, qui a démissionné de son poste pour aller faire de l'agriculture bio. Donc ça, c'est des gens qui sont dégoûtés. Nous, dans notre laboratoire à Montpellier, enfin mon ancien laboratoire, mais qui est le laboratoire de Sylvain Connac, d'Anne-Marie Rinaldi, etc., on a un collègue, il était tellement dégoûté. Il est parti, il a abandonné, il a démissionné. Il était maître de conf à l'UM, à la FDE en anthropologie. Et aujourd'hui, il est apiculteur.
44:53
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Il a dit, on ne peut pas travailler dans ces conditions, il a abandonné. J'ai pensé aux dizaines de milliers d'euros que j'ai avancés de ma poche.
45:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
pour m'inscrire à des congrès. Je me suis souvenu d'avoir mangé une pomme et un sandwich en dehors du congrès pendant que nos collègues de l'industrie pharmaceutique allaient au banquet. J'ai pensé à mes collègues qui ont géré la pénurie. J'ai pensé à tous les projets que j'ai écrits qui n'ont pas été sélectionnés. J'ai pensé que je pourrais arrêter d'écrire des projets.
45:18
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
J'ai pensé aux précaires qui travaillent sur ces projets, etc. Je me suis demandé si c'était vraiment utile pour la société, est-ce que j'étais toujours passionnée par le métier. Je me suis demandé si j'allais changer pour un boulot inintéressant, nuisible pour la société, mais pour lequel on me paierait cher. Par exemple, faire du lobbying pour les pharmacies. Ben non. J'espère avoir fait entendre ma colère légitime, très présente dans le milieu universitaire et de la recherche publique en général.
45:44
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc voilà, vous voyez, c'est comme il y a quelques semaines, il y a quelques mois, il y avait Stand Up for Science, c'était aussi sur ces questions-là. C'est tous ces gens qui sont, et j'en fais partie, dégoûtés de cette recherche qui n'est pas financée, et à qui on demande après par contre de trouver quelque chose du jour au lendemain. Donc, revenons à notre livre. Cette colère de Bruno Canard, c'est ce qui fait écrire à l'haïr, page 42-43.
46:17
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
que finalement c'est un miracle qu'il y a encore des gens pour faire ce métier. C'est un miracle que tout le monde ne se reconvertisse pas pour aller faire de l'agriculture bio, apiculteur, etc. Le miracle de tout cela, c'est qu'en dépit d'une machine folle qui tourne à l'envers, une toute petite minorité ait envie de poursuivre sa route vers les mondes de la recherche. S'enorgueillissant du nombre de médailles Fields, de prix Nobel, etc.
46:45
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Les nations en compétition ne sont pas conscientes de la masse de savants potentiels dont elles se privent. Elles ignorent tous les progrès scientifiques et culturels qu'elles pourraient faire, tous les défis sanitaires et écologiques qu'elles pourraient relever et qu'elles ne relèveront pas faute d'avoir remis le système à l'endroit.
47:03
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Parce qu'en fait, qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là ? C'est que non seulement il y a des recherches qu'on ne fait pas, et donc après on est pris au dépourvu, parce que si Bruno Canard avait pu faire sa recherche dès 2003, il n'y aurait peut-être pas eu autant de morts du Covid-19, disons-le franchement. Donc il y a des morts, clairement. Et en plus, il y a tout un tas de recherches et de vocations qui ne sont pas faites, parce que les gens sont dégoûtés.
47:26
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Les gens qui font des doctorats aujourd'hui, qui font des post-doctorats, ils sont précaires, ils sont malmenés. Parfois, ils sont payés pour un travail, mais des mois et des mois après, à l'université Lyon 2, qui est une université que je connais bien, dans laquelle j'ai travaillé un moment, il y avait certains vacataires qui étaient payés deux ans après pour les cours qu'ils avaient faits. Deux ans après !
47:49
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Si vous vous rendez compte, vous faites un cours en septembre 2024, vous êtes payé en septembre 2026. C'est ubuesque. Et surtout, il y a des gens qui sont des gens très brillants, déterminés, intelligents, généreux, qui laissent tomber.
48:18
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Autour de moi, parmi tous les gens que j'ai vu faire des doctorats, l'immense majorité a arrêté de faire ce travail-là, enfin a arrêté de faire la recherche et a fait autre chose. Alors que c'est des gens qui auraient beaucoup aidé pour améliorer notre société. Je pense notamment à une collègue qui avait fait une thèse en sciences de l'éducation et en philosophie de la médecine sur la question du validisme, qui était elle-même...
48:46
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
handicapée puisque non voyante, elle avait énormément de choses à dire et en fait elle a été dégoûtée par les difficultés à trouver des postes, à trouver de l'argent et aujourd'hui elle est musicienne.
48:59
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc, comme le dit Bruno Canard, et comme le dit Bernard Lahir, il faut du temps et des moyens pour faire cette recherche, mais, et là ça vous concerne encore plus directement, il faut du temps et des moyens pour produire des connaissances, mais il se faut aussi énormément de temps et de moyens pour transmettre ces connaissances, pour apprendre ces connaissances.
49:24
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est-à-dire que ce n'est pas tout de donner du temps et des ressources pour les gens qui font des recherches et qui produisent des savoirs, il faut aussi donner du temps et des ressources pour les gens qui les transmettent. Parce qu'à la limite, faire des découvertes, produire des connaissances, si ensuite elles ne sont pas transmises, ça ne sert à rien. Donc ce sont deux éléments qui fonctionnent ensemble, qui sont solidaires.
49:52
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Les chercheurs sont les enseignants, sont les éducateurs, éducatrices au sens large.
50:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est presque comme s'il ne servait à rien. Donc, il faut aussi du temps pour la transmission et l'apprentissage. Et là aussi, c'est une question de survie. Et pour illustrer ça, Lahir prend un exemple intéressant, là aussi, parce qu'il concerne des événements que l'humanité a vécu récemment. Il prend l'exemple du SMONG.
50:28
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc le smong dont il parle à partir de la page 17 et montre à travers cet exemple pourquoi la transmission de savoir est aussi une question de survie. Alors est-ce que quelqu'un sait ce que c'est que le smong ? Soit parce que vous avez déjà lu le passage du livre, soit parce que vous en avez entendu parler peut-être aux actualités, est-ce que vous savez ce que c'est que le smong ?
51:02
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Non ? Alors le smong, j'espère que je vais avoir du son, c'est ça. Ça c'est une façon de chanter le smong. Et ça c'est un conte à propos du smong. Alors avec ces indices, est-ce que vous devinez un peu ce que ça peut être ? Oui ?
55:03
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Culturellement, du coup. Tout à fait. Absolument. Donc en fait, peut-être que vous vous en souvenez. Quoique vous êtes... Non, vous vous en souvenez probablement pas. Vous êtes beaucoup trop jeune pour ça, en fait. En 2004... Oui, en 2004, vous étiez banée, c'est ça ? Si, quand même. Ok. Donc en... En 2004, il y a eu un...
55:39
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Il y a eu un séisme au large des côtes indonésiennes qui a provoqué un tsunami. Et il y a eu énormément de dégâts dans la plupart des pays touchés, notamment par exemple au Sri Lanka, il y a eu des dizaines de milliers de morts. Et il y a une île, effectivement, en particulier, où il y a eu très peu de morts. Et donc, si je me base sur ce que rappelle l'Aïr, seulement 5 décès.
56:06
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
recensé dû à la catastrophe sur l'île de Simeuleu et donc comment se fait-il que sur cette île alors qu'à d'autres endroits il y a eu voilà
56:20
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Autant de décès, autant de personnes tuées, comment se fait-il que sur cette petite île il y a eu seulement cinq décès ? Et bien en fait c'était grâce au smong. Donc le smong qu'est-ce que c'est ? C'est en fait un poème ou une chanson.
56:37
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
qui a été transmise de génération en génération donc voilà effectivement transmission orale savoir profane et dans cette chanson en fait vous avez tous les signes pour reconnaître qu'un tsunami va avoir lieu
56:57
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et vous avez toutes les indications sur à quoi est-ce qu'on reconnaît qu'il y a eu un séisme et qu'un tsunami va avoir lieu et qu'il faut monter, se protéger sur les hauteurs pour ne pas finir enseveli ou noyé. Et en fait, cette chanson de Simone est tellement connue que...
57:18
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Sur cette île, tous les enfants, tout le monde la connaît. Et le jour où, effectivement, en 2004, il y a eu ce tsunami, eh bien, tout le monde a reconnu de quoi il s'agissait, et les gens se sont mis en sécurité, et c'est pour ça qu'il n'y a eu que 5 décès. Donc, ce qu'explique l'Aïr, page 17, c'est, donc je le lis,
57:38
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Une bonne illustration de la fonction de survie assurée par la connaissance est le cas d'une tradition de savoir ancestral indonésienne appelée le smong, transmise oralement depuis l'enfance par des poèmes ou des chansons.
57:51
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est ce savoir qui a permis aux 60 000 habitants de l'île indonésienne de Simeule, située au large de Sumatra, d'être très faiblement touchés par le tsunami de 2004. Seulement 5 décès recensés seraient dus à la catastrophe. Et ce malgré sa proximité avec l'épicentre.
58:09
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Dans une étude menée entre 2016 et 2023, deux chercheurs en sciences sociales, Alfie Rahman et Mousayin Nazaruddin, ont montré que cette tradition, créée à la suite d'un précédent tsunami en 1907, a fourni aux habitants des éléments essentiels pour savoir détecter les signaux avant-coureurs de la catastrophe et adopter rapidement les bons comportements pour s'en protéger le plus efficacement possible.
58:37
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Les auteurs parlent du Smong comme d'un véritable guide de survie, enjoignant aux habitants de s'éloigner immédiatement de la côte ou de se diriger vers un terrain plus élevé, dès lors que le tremblement de terre et le recul soudain de la mer sont observés. Donc vous vous rendez compte, sur 60 000 habitants, on a eu 5 décès. Ça prouve l'efficacité de cette connaissance et de cette transmission de connaissances. Et c'est pour ça que quand il dit que c'est une question de survie,
59:05
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Ce n'est pas une image. Là, c'est littéralement la connaissance transmise, la transmission qui a permis de survivre. Donc, je vous ai rajouté, si ça vous intéresse, un texte sur le...
59:24
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Sur The Conversation, écrit par les deux chercheurs évoqués par Lahir, où vous avez le détail du poème, en l'occurrence, avec différentes versions de la chanson. Et vous voyez, vous avez là quelques vers. Le tremblement de terre te berce comme un berceau, le tonnerre va comme un tambour, le tsunami est en eau de baignade, etc.
59:51
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et d'où l'importance effectivement de ne pas rompre la chaîne de transmission de connaissances. Donc si on revient à...
1:00:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
à vous et à votre future fonction, effectivement, sociale, clairement, c'est le même enjeu que pour le smog. C'est-à-dire que demain, savoir ce que c'est qu'une bactérie, savoir ce que c'est qu'un virus, savoir comment ils se transmettent, savoir comment on s'en protège, savoir ce que c'est qu'un vaccin,
1:00:29
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Tout ça, si ça n'est pas transmis ou si ça n'est pas correctement transmis, parce qu'il n'y a pas de temps, il n'y a pas de moyens, etc., ça met en péril la population elle-même. L'exemple du vaccin. Les savoirs sur le vaccin, c'est un peu comme les savoirs sur le smog. Dans les pays où la transmission ne se fait pas correctement sur ces questions, qu'est-ce qui se passe ? On voit la réapparition de certaines épidémies qui avaient pourtant disparu depuis des décennies.
1:00:58
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
et des maladies qui reviennent et qui provoquent des morts. On peut prendre évidemment l'exemple des États-Unis, où effectivement le système scolaire...
1:01:12
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
n'est pas organisé de façon centralisée, où les acquis des sciences sont mis en doute par un pouvoir autoritaire, etc. Qu'est-ce que ça a comme conséquence ? Le fait que, notamment, le ministre de la Santé ait une politique eugéniste, anti-vaccin, etc. Ça a des morts. Les conséquences, c'est tout simplement qu'il y a des enfants et des adultes qui meurent.
1:01:40
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Tout simplement. L'épidémie aux États-Unis qui recommence depuis peu, qui avait pourtant été érasiquée, alors qu'elle est tout à fait évitable grâce au vaccin. Il y a la rougeole, mais il y en a une autre.
1:02:04
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Mais effectivement, l'épidémie de rougeole aux États-Unis, elle enfle, elle enfle, alors qu'on a un vaccin contre la rougeole. Et là, pour le coup, c'est très dangereux pour les nourrissons et pour les enfants en bas âge, et donc il y a des morts. Et là, c'est clairement un problème de savoir non transmis. Oui, tout à fait. Et alors, je vais même vous dire mieux, vous avez tout à fait raison. Sachez que d'ailleurs, dans le monde, un pays où il y a le plus de scepticisme sur les vaccins, c'est pas les États-Unis, c'est la France.
1:03:11
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
premièrement et deuxièmement
1:03:15
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Le problème aussi, c'est que les formes de défiance vis-à-vis de la communication gouvernementale, les formes de complotisme ou de discours anti-sciences ne viennent pas de nulle part. Et concrètement, en France, si on a une défiance du public aussi forte vis-à-vis des recherches médicales, des découvertes médicales, de la médecine en général, ça n'est pas...
1:03:42
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
juste parce que les gens sont méfiants ou qu'ils sont bêtes, comme on l'entend parfois, c'est aussi parce qu'en France, on a une...
1:03:51
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
On a une histoire marquée par un certain nombre de scandales sanitaires, notamment par exemple le scandale du sang contaminé, le scandale du médiator, et que ce genre de scandale qui montre des formes de pollution entre les industries pharmaceutiques et le pouvoir, un manque de transparence, etc., alimente la défiance du public. Donc là on n'est pas dans une question scientifique, là on est dans une question politique, c'est que les responsables politiques ont une responsabilité justement sur cette défiance.
1:04:20
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Très clairement, la communication gouvernementale au moment du Covid a participé à alimenter cette défiance. Quand on vous dit un jour, ne mettez pas les masques, ça sert à rien, et un mois plus tard, tout le monde doit mettre des masques, le public dit, mais attendez...
1:04:35
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Qu'est-ce qui se passe ? C'est l'un, c'est l'autre. Les scientifiques sont impuissants face à ça, c'est une responsabilité politique. Mais comme vous le dites, la transmission à elle seule ne suffit pas. C'est-à-dire qu'effectivement, il faut aussi avoir des politiques publiques cohérentes, transparentes, intègres, où quand les gens sont à l'origine d'un scandale, ils sont condamnés.
1:05:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et ce n'est pas des gens qui récupèrent un poste de ministre cinq ans après, etc. Mais là, c'est pour ça qu'en tant qu'enseignant, enseignante, ou futur enseignant, future enseignante, on a à la fois une lourde responsabilité sur les épaules, c'est-à-dire qu'on se dit, ça dépend de moi de faire comprendre ce que c'est qu'un vaccin, et de dédiaboliser la chose, et de défaire des idées reçues, etc. Mais en même temps, on ne peut pas tout faire. Donc effectivement, je suis tout à fait...
1:05:29
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Tout à fait d'accord avec vous. Et le fait est qu'il y a un autre point que vous soulevez, vous dites, mais voilà, il y a les valeurs et les croyances de chacun. Le problème, c'est que sur une question comme celle d'un vaccin, on ne peut pas s'en tenir à la liberté individuelle. Parce qu'un vaccin, ce n'est pas qu'une question individuelle. Se faire vacciner, ce n'est pas que pour soi. C'est aussi pour mettre en place une immunité collective.
1:05:57
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est-à-dire que quand vous vous vaccinez, déjà tout le monde ne peut pas se vacciner, parce qu'il y a des gens qui sont immunodéprimés par exemple, qui ne peuvent pas se vacciner, etc. Quand vous vous vaccinez, vous vous vaccinez pour vous protéger, mais aussi pour protéger les plus faibles dans la collectivité. Et quand une maladie après est éradiquée...
1:06:16
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
finalement, on n'a plus besoin de se vacciner, puisqu'à l'échelle collective, il y a eu une protection immunitaire suffisamment forte pour que la maladie disparaisse. Donc en fait, là, le problème, c'est que ce n'est pas juste une question de choix individuel, parce que quand vous choisissez, vous, de ne pas vous vacciner, vous ne mettez pas que vous en danger, vous mettez aussi les autres. D'où le problème aussi aux États-Unis. C'est-à-dire qu'aux États-Unis, quand un bébé attrape la rougeole et qu'il meurt, là, la question de la liberté individuelle, elle ne se pose plus. Parce que déjà...
1:06:46
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Le bébé n'a pas le choix, il n'est pas en mesure de choisir. Et en plus de ça, les parents, eux, choisissent pour leur bébé alors que eux ne sont pas forcément en danger.
1:06:58
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Vous voyez, il y a aussi la question de ce qu'on appelle la santé publique, de la question collective. Et je vous donne un exemple, vous savez que depuis quelques années maintenant, il existe un vaccin contre le papillomavirus, vous en avez entendu parler. Donc le vaccin contre le papillomavirus, normalement pour qu'il soit efficace, il faut le faire plutôt avant de commencer à avoir des rapports sexuels, donc on conseille de le faire à l'adolescence.
1:07:26
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Le papillomavirus, vous le savez je pense aussi également, peut être responsable de certains cancers, en particulier chez les femmes. Donc il y a des fois où le papillomavirus va dégénérer dans des formes oncogènes et donc va provoquer un cancer de l'utérus par exemple. Chez les hommes, ça a beaucoup moins de conséquences et c'est beaucoup plus rare que ça ait des conséquences type cancer.
1:07:52
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc en France, quelle a été la politique mise en place ? La politique mise en place a été de dire, vu que le papillomavirus est surtout dangereux pour les femmes, les femmes en l'occurrence hétérosexuelles.
1:08:10
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
qu'il est moins dangereux pour les hommes, à part éventuellement les hommes homosexuels, puisque effectivement ça peut avoir des conséquences, par exemple des complications au niveau de l'anus, etc., quand un homme est touché, etc. Bon, notre cible, ça va être les jeunes filles, donc on va conseiller aux jeunes filles de se faire vacciner vers 15-16 ans.
1:08:36
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et à la question, c'est un problème parce que qu'est-ce qu'on fait des garçons homosexuels qui eux aussi ont des risques ? On a dit non mais 15-16 ans c'est trop tôt pour demander à un garçon s'il est homosexuel ou pas, on ne va pas aller vacciner les garçons.
1:08:53
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Alors qu'en fait, au lieu de se faire des nœuds dans le cerveau, on aurait pu dire on vaccine tout le monde à 15-16 ans, comme ça les gens sont protégés. Et en plus, moins les hommes ont de papillomavirus, plus les femmes hétérosexuelles seront protégées aussi au passage. Ils ne font pas ça que pour eux, mais aussi pour leurs futurs partenaires ou leurs partenaires. Et comme ça, on n'en parle plus. On n'a pas fait ça. Résultat, aujourd'hui, il y a encore du papillomavirus qui se circule, il y a encore...
1:09:21
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
des cancers de l'utérus liés à l'HPV qui circulent, en Australie, ils ont fait une pub politique publique tout autre, ils ont dit, ok, début de l'adolescence, on vaccine tout le monde. On s'en fiche de savoir si c'est un homme, une femme, hétéro, on s'en fiche, on vaccine tout le monde. Aujourd'hui, le papillomavirus, il a quasi disparu en Australie. Donc voilà, en fait, c'est aussi des questions de santé publique, de qu'est-ce qu'on... comment on...
1:09:45
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Comment on évalue la responsabilité collective pour la protection de tous ?
1:10:21
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Bien sûr, tout à fait. Ah non mais bien sûr, mais... Mais bien sûr, mais tout à fait.
1:11:04
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Mais vous avez tout à fait raison, parmi les raisons de la défiance qui sont des raisons qui ne sont pas du tout, on va dire, irrationnelles, il y a aussi les pouvoirs financiers, les questions économiques en place, le lobbying pharmaceutique dont on sait qu'il est très puissant. Donc en fait tout ça alimente la défiance vis-à-vis de la médecine, parce que la médecine c'est une science mais c'est aussi une industrie.
1:11:31
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et je vous ai mis au tableau un livre, c'est un livre que je mets parfois au programme.
1:11:38
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
notamment en EAD ou avec les étudiants de philo. Ça s'appelle pilule rose de l'ignorance en médecine. Et c'est une collègue à moi, donc Juliette Ferrilalini, qui est maître de conf en philosophie, spécialisée en philosophie de la médecine, qui a étudié le cas d'un médicament, qui est un médicament qu'on connaît tous et toutes, surtout, qui en fait est un placebo, qui ne fonctionne pas et qui pourtant est toujours commercialisé. Ce médicament, c'est le Spasfon.
1:12:05
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et donc elle explique que le SPACEFON, et donc elle prend vraiment étape par étape justement des tests qui ont été faits, elle dit que le SPACEFON n'a pas plus d'efficacité qu'un placebo. Et pourtant il est toujours prescrit, notamment aux femmes, pour les douleurs de règles. Et comment ça se fait ? Comment ça se fait que dans un pays comme le nôtre...
1:12:26
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Aujourd'hui, on met en vente en pharmacie un médicament qui est un placebo et qu'en plus, on a surtout un médicament donné aux femmes. Et donc, elle explique qu'effectivement, il y a des enjeux financiers derrière, il y a des enjeux idéologiques, il y a des formes de sexisme médical aussi, du type, les douleurs de règles, c'est rien, un placebo, ça suffira bien, etc. Et donc, en fait, tout l'enjeu, c'est d'armer, quand on essaye de transmettre le savoir, c'est d'armer justement les gens.
1:12:54
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
non seulement avec des connaissances fiables, mais aussi avec des outils pour faire la différence entre le bon grain et l'ivraie. C'est-à-dire en disant, voilà, quelle est la différence entre un article scientifique, une communication gouvernementale, le site internet d'un laboratoire pharmaceutique ? Tout ça, ce n'est pas des sources d'informations équivalentes. Il faut essayer de leur donner des outils pour ni tout rejeter en bloc, ni tout accepter en bloc.
1:13:22
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et pour le coup, c'est vrai que c'est pas facile du tout. Non, je peux vous le dire, c'est pas facile du tout, du tout. Ok. Je finis... C'est bon pour le smong, tout le monde voit l'enjeu. Ok. Je finis avec un point qui, je pense, vous concerne encore plus directement que le reste. Page 48-51 du livre. Laïre dit... Donc pour bien...
1:13:51
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Pour bien chercher, il faut du temps. Pour bien apprendre, il faut du temps. Pour bien transmettre, il faut du temps. Donc lui, son idée, c'est de dire, s'il faut du temps, aujourd'hui, clairement, il faut alléger les programmes. En fait, on ne peut pas, avec des programmes aussi lourds dans les cursus d'enseignement, notamment obligatoires, faire du bon travail.
1:14:20
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Là, on est dans une surcharge telle de connaissances qu'on ne peut pas transmettre correctement. Il vaut mieux transmettre moins et mieux que d'être dans une forme de gavage d'informations. Donc là, je vous renvoie le chapitre de ces pages 48-51 du livre. Voilà ce qu'il écrit.
1:14:47
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Un des problèmes récurrents de l'enseignement, c'est l'obligation dans laquelle sont placés les enseignants de traiter tout le programme, au risque de forcer les cadences et de privilégier la quantité sur la qualité.
1:15:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et il dit en fait du coup il ne faut pas s'étonner, s'il y a bachotage c'est parce que le programme est trop chargé pour pouvoir être traité avec délicatesse, sérénité et le temps nécessaire à la compréhension profonde des choses. C'est pas un hasard d'ailleurs dit-il, c'est en bas de la page 49, que les grandes figures scientifiques en général, enfin beaucoup de grandes figures scientifiques, ont résisté au système scolaire et ont été des mauvais élèves.
1:15:29
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Je lis, page 49. Ce n'est pas un hasard si les plus grandes figures scientifiques ont résisté à un système scolaire qui donne trop de choses à apprendre, et parfois même à apprendre par cœur, en décourageant les élèves qui cherchent vraiment à comprendre, plutôt qu'à mémoriser des connaissances abordées superficiellement ou des recettes. Donc, parenthèse, ça veut aussi dire que vous, si à des moments où vous vous sentez dépassé, découragé, que vous avez l'impression de devoir assimiler...
1:15:59
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
bêtement certaines choses c'est pas vous le problème c'est qu'en fait clairement il y a quelque chose qui n'est pas correctement pensé sur le temps d'apprentissage et la densité de connaissances
1:16:14
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc, ce que dit Lahir, c'est ne rejetons pas la faute sur les apprenants, sur le bachotage, en disant, ah, maintenant, les étudiants, ils font que bachoter, c'est des consommateurs, c'est des bêtes à concours, etc. Non, mais en fait, si on laisse le temps aux gens de réfléchir, en général, ils réfléchissent. Si on ne leur laisse pas le temps, ils ne réfléchissent pas. Voilà.
1:16:40
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et il parle notamment d'un témoignage de l'un de ces scientifiques qui évoque en fait sa mauvaise expérience à l'école en disant que lui...
1:16:59
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Il ne pouvait pas, comme ses camarades, ingurgiter des notions sur la foi de l'autorité des aînés. C'est-à-dire que le problème, c'est que quand vous n'avez pas le temps d'expliquer, vous imposez des idées, des connaissances, et donc les gens se contentent de les absorber, les apprenants se contentent de les absorber en faisant foi à ce que vous dites. Donc en fait, en plus, en faisant ça, vous anesthésiez l'esprit critique. Parce que si on vous dit, non mais attendez, vous pouvez réexpliquer, non j'ai pas le temps.
1:17:29
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Retenez, ça suffira. Bon ben là vous dites aux gens, ne faites pas marcher votre esprit critique, contentez-vous de retenir. Exemple avec Albert Einstein, page 50, qui a témoigné de sa mauvaise expérience scolaire face au programme surchargé, dont l'appropriation ne peut se faire autrement que par la mémorisation à court terme en vue de passer les examens. Donc je cite, témoignage d'Albert Einstein.
1:17:56
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
À l'âge de 17 ans, j'entrais à l'Institut Polytechnique de Zurich comme étudiant en mathématiques et physique. En physique, j'arrivais bientôt à repérer ce qui menait au fondamental et délaissait délibérément le reste, toute cette multitude de choses disparates qui encombrent d'habitude notre esprit et le détournent de l'essentiel. Malheureusement, il y avait aussi un problème. Il fallait ingurgiter toute cette matière pour les examens, qu'on le veuille ou non.
1:18:24
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Cette obligation me fut si insupportable que pendant l'année qui suivit les examens finaux, la simple idée d'avoir à réfléchir sur un problème scientifique me répugna totalement. C'est quand même fort de café Einstein qui est dégoûté des sciences. Ça veut dire que le système scolaire fait très très fort. Exemple par l'expérience vécue d'Einstein.
1:18:54
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Tout comme les chercheurs, les apprenants ont besoin de temps pour comprendre, pour expliquer, pour approfondir. Il vaut mieux une notion approfondie que dix notions vues superficiellement. Donc conclusion de ce chapitre, de ce chapitre du cours, je vous rappelle les chapitres qu'on a abordés. Donc le premier chapitre du livre qui n'a pas de titre, le chapitre le savoir c'est la survie, le chapitre sur prendre le temps, le chapitre sur l'allègement des programmes.
1:19:25
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Donc en fait là, dans ce premier chapitre du cours sur le temps, voilà un peu les chapitres du livre qui correspondent. Donc qu'est-ce qu'on peut retenir ? On peut retenir que...
1:19:42
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
La recherche c'est une forme de création et que la création, l'invention, l'exploration, tout ça sont des processus qui demandent du temps, qui demandent de la liberté, qui demandent...
1:20:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
de pouvoir être tout entier consacré à sa tâche. On l'a vu avec toutes les étapes énumérées à la fois dernière, on l'a vu avec le témoignage de Bruno Canard et son expérience malheureuse sur la recherche sur le SARS-CoV-2 à partir des années 2000 et ce que ça a pu avoir comme conséquences ensuite.
1:20:23
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et ce qu'explique Lahir, c'est que ne pas laisser le temps aux chercheurs, c'est mettre en péril la science, c'est mettre en péril la science, c'est mettre en péril notre survie collective.
1:20:36
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Bruno Canard, si, avec des si on pourrait mettre Paris en bouteille, mais s'il avait eu les financements pérennes qu'il demandait dès 2006, peut-être qu'on aurait eu des moyens de se protéger contre ce virus qui ressemblait au SARS-CoV-2 et qui était celui de la pandémie de Covid-19.
1:20:56
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Mais il ne suffit pas de chercher et de trouver et d'avoir le temps pour cela, pour survivre. Il faut aussi, en plus de produire la connaissance, la transmettre. C'est ce qu'on a vu avec le smong. Le smong, c'est un exemple de connaissance, en l'occurrence connaissance profane, pas connaissance scientifique, mais connaissance quand même, qui par sa transmission efficace depuis plus d'un siècle,
1:21:19
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
a fait que des dizaines de milliers de personnes ont échappé à la mort en Indonésie. Ce qui n'a pas été le cas dans les îles voisines, dans les îles indonésiennes voisines où ce savoir n'était pas transmis.
1:21:36
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et pour transmettre le savoir, là aussi, il faut du temps. Il faut du temps parce qu'on ne se contente pas d'injecter les connaissances dans les esprits des gens. On les entraîne aussi à faire la différence entre le bon grain et l'ivraie, à faire la différence entre un savoir robuste, un savoir scientifique, un savoir fiable, entre le différencier d'informations qui sont orientées, qui sont des informations commerciales, publicitaires.
1:22:03
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
qui sont des informations effectivement peut-être plus fragiles etc et tout ça effectivement ça prend du temps
1:22:14
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Je finis avec un extrait d'un manuel que j'ai découvert à la FDE. Vous savez, à la FDE, vous avez le centre de documentation dans lequel vous pouvez consulter énormément de manuels, mais aussi d'annales de sujets, tout un tas de...
1:22:37
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
de documents pédagogiques et j'ai trouvé intéressant ce texte alors qu'il date un petit peu puisqu'il est lié au programme de sciences de 2008 mais il y a un chapitre qui s'appelle comparer élèves et chercheurs et il rappelle qu'effectivement il y a quand même une parenté entre recherche scientifique et apprentissage
1:23:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
et qu'il faudrait, dès le plus jeune âge, mettre en place des activités qui ressemblent, qui miment la recherche scientifique, pour que justement les élèves comprennent ce que ça veut dire chercher.
1:23:18
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
tâtonner, faire des expériences, trouver des réponses, et voir aussi que ces réponses sont provisoires. Parce que comme on l'a vu avec les sciences, les sciences produisent des savoirs les plus robustes possibles, mais ces savoirs sont ensuite souvent corrigés et améliorés au fil du temps. Et ça, c'est un point important aussi. En général, les gens qui, justement,
1:23:45
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
qui tombent dans un discours anti-science, dans certaines formes de complotisme, de défiance, c'est aussi des gens qui, à un moment donné de leur vie, sont passés par une confiance.
1:23:57
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
en la science qui était une confiance déplacée. C'est-à-dire que c'est des gens qui pensent que quand un scientifique dit quelque chose, c'est vrai, c'est vrai pour toujours. Mais ce n'est pas comme ça que ça marche, la science. La science, ça marche avec des résultats qui sont vrais jusqu'à preuve du contraire, qui sont plus vrais que ce qu'on avait précédemment, mais certainement moins vrais que ce qu'on aura demain. Donc aujourd'hui, ce qu'on apprend par exemple sur les virus,
1:24:21
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
C'est bien évidemment bien plus précis, bien plus robuste que ce qu'on savait il y a un siècle, mais il est évident que dans un siècle on en saura plus. Et donc quand les gens disent, ah ben voilà, il y a 20 ans on disait par exemple que...
1:24:36
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Prenons notre exemple du début du cours. Il y a 20 ans, on pensait que les virus étaient toujours pathogènes alors que les bactéries pouvaient être bénéfiques. Et aujourd'hui, on nous dit que des fois, les virus pouvaient être bénéfiques. On ne comprend plus rien. Non, c'est comme ça que la science progresse. Effectivement, on s'est rendu compte que certains virus pouvaient faire partie de ce qu'on appelle le virium et n'être pas.
1:25:00
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Pas pathogène, on ne le savait pas avant. On avance à tâtons. Mais en attendant, c'est ce qu'on a de plus robuste. Et en fait, il ne faut pas non plus que les gens sacralisent la science. Il ne faut pas que les gens se disent « Ah, quand un scientifique dit ça, ça va être vrai pour toujours. » Non, c'est ce qu'on a de plus robuste. Parce que c'est ces gens-là qui après, lorsque la science se rectifie, se corrige...
1:25:24
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Et avance, disent, moi je ne fais plus jamais confiance parce que ce qu'on nous a dit un jour n'est plus vrai aujourd'hui. Donc il faut aussi acculturer le public à avoir une vision réaliste et humble de la science. Parce que mettre la science sur un piédestal en disant tout ce que dit un scientifique est parole d'évangile, c'est très très très très dangereux. Parce que le jour où ce scientifique se dédie, vous perdez la confiance.
1:25:55
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
D'accord ? Donc, d'où l'intérêt, effectivement, de faire toucher du doigt aux apprenants ce que c'est que la démarche scientifique pour qu'ils aient des attentes réalistes à l'égard de la science et qu'ils ne soient pas un jour déçus et qu'ils n'en voient pas tout balader sous prétexte que la science avance et progresse. Et oui, la science de 1990, elle est moins robuste que la science de 2025. Ok, est-ce qu'il y a des questions ?
1:26:31
S…
Speaker 1 (COURS-VANESSA_19.02)
Non, donc la prochaine fois on parlera de la curiosité. Je vous remercie de votre attention.
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